06.05.2008
Régularisations : DE LA CIVILISATION A LA BARBARIE...
Par Olivier Carer
Les clandestins, dont la révolte téléguidée tend à se généraliser opportunément à l’anniversaire de Mai 68, ont décidé de pousser l’avantage. Leur offensive, médiatiquement victorieuse, profite de la relative résignation de l’opinion et de l’engourdissement idéologique d’un gouvernement rongé par la mauvaise conscience.
Sur le fond, la logique d’abandon qui prévaut dans cette affaire n’est que le tragique reflet de la subversion de notre conception du bien commun.
La civilisation, c’est la reconnaissance du bien commun
Avec la « civilisation » et la renonciation à la vengeance personnelle, notre système pénal s’était construit autour de peines sanctionnant la transgression d’un ordre social. La sanction n’avait nul besoin, pour asseoir sa légitimité, de l’existence ou non d’une victime identifiée ou d’une souffrance démontrée. Au XVIème siècle, faire « amende honorable » consistait pour le condamné à reconnaître publiquement sa faute et à en demander pardon à Dieu, à la société et aux hommes. Il est à noter que la victime éventuelle était absente d’un rituel infamant réservé à ceux qui n’avaient pas su tenir leur rôle social.
Pas de victime identifiable : pas d’infraction
Aujourd’hui, le triomphe de l’individualisme et la dictature du sentiment ont transféré la légitimité exclusive des peines dans la souffrance palpable de la victime. Cette nouvelle philosophie des sanctions, consacrée par l’émergence d’une « justice restaurative », a fini par déformer les esprits au point de supprimer toute immoralité aux délits sans victime apparente. Voler une grande surface n’est pas voler puisque personne ne semble ressentir le préjudice. Dans ce système où la violation de la règle n’est plus une affaire sociale mais relève de la relation privée entre individus, on ne sanctionne plus, on organise une médiation entre la victime et l’auteur de l’infraction. Cette réhabilitation édulcorée de l’ancienne vengeance privée, cet évanouissement de la notion même de préjudice social constituent une régression juridique, la négation de siècles d’évolution vers la civilisation et un retour fracassant de la barbarie.
L’immigration clandestine : le mythe de l’absence de préjudice
Très logiquement, cette vision compassionnelle exclusive de toute idée de défense du bien commun a érodé toute connotation immorale à l’entrée et/ou au séjour illicite dans notre pays. Ces infractions sociales, par excellence, ne font apparaître, en effet, aucune victime identifiable. Les immigrationnistes les plus zélés finissent même par soutenir que la seule victime serait le délinquant lui-même. Tous nient l’existence même d’un préjudice résumé par l’inévitable et péremptoire formule valant absolution: « les sans-papiers travaillent ».
Pas de victime, pas de préjudice, pourquoi y aurait-il infraction pénale, pourquoi y aurait-il sanction ?
Or ce raisonnement simpliste ignore les terribles conséquences sociales et humaines de l’immigration illégale, son incidence plus ou moins directe sur la délinquance générale et l’immoralité absolue de ceux qui en profitent. Il serait facile mais trop long d’en dresser la liste.
En réalité, derrière l’impunité des clandestins qui paradent, revendiquent, exigent, menacent et derrière les raisonnements délibérément pervertis, c’est une inquiétante oxydation de notre conscience du bien commun qui transparaît, c’est une civilisation qui disparait.
18:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : régularisations, sans-papiers, sarkozy, politique
24.04.2008
IMMIGRATION VOULUE...
Les mots ayant un sens et les intitulés gouvernementaux étant, comme on le sait, chargés de symboles, il est temps pour Nicolas Sarkozy et François Fillon de rebaptiser ce ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration, si emblématique des promesses faites à ceux qui voulaient tant y croire pendant la dernière campagne présidentielle. C’est, en effet, à la tête d’un ministère de la lâcheté d’Etat et de la volonté immigrationniste que se trouve désormais placé Brice Hortefeux.
En cédant comme il le fait à la CGT restauration, mais aussi au patronat collabo, le ministre montre clairement que rien n’a changé depuis un an dans cette république aboulique qu’est devenue la France.
C’est bien, au-delà des ornements de façade, une régularisation massive de « sans-papiers » que se prépare à accepter le gouvernement. Les critères retenus par Hortefeux pour décider de régularisations « au cas par cas » s’appliqueront, en effet, à la quasi-totalité des clandestins embauchés sous contrat de travail par la grâce d’employeurs complices (les affaires sont les affaires…) dans la restauration, secteur dont les estimations les plus basses font état de 50 000 illégaux employés dans la seule Ile-de-France. Sans parler, bien sûr, d’autres secteurs comme le bâtiment.
On voit bien, dans ces conditions, où conduira inévitablement le « cas par cas » de Monsieur Hortefeux. C’est bien un nouveau signal, un nouvel appel d’air vers l’immigration planétaire que suscite ainsi le pouvoir sarkozyen.
Après les mariages blancs permettant de devenir français sans trop de difficultés (n’oublions pas ce chiffre ; 140 000 « nouveaux français » chaque année par une méthode ou une autre), voici venu le temps des emplois blancs (si l'on ose s'exprimer ainsi), moyen dorénavant imparable pour obtenir la régularisation de toutes et de tous pour le bonheur mondial des petits et des grands… Sauf des Français. Mais pour les chapeaux à plume de l’Etat UMP, partisans non pas de l'immigration subie, non pas de l'immigration choisie, mais bien de l'immigration voulue, cela a-t-il encore la moindre importance ?
13:32 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : immigration, sans papiers, synthèse nationale, sarkozy, politique, jean-françois touzé
07.04.2008
Libérez-les tous !
Le billet de Patrick Parment
C’est tout à la fois lassant et comique. Ce week-end encore, les foules démocratiques éplorées, toutes ces bonnes âmes suant la compassion, ont encore défilé dans un Paris frisquet et pluvieux.
Il faut dire que la matière ne manque pas. Il y d’abord la mère Betancourt, elle a le mérite de l’ancienneté. Ca fait des années que, de marche en marche, de foules anonymes en Sarkozy, on réclame sa libération. Les FARC a priori s’en foutent, ils sont planqués dans la forêt où il est quasi impossible de les déloger. Et puis, il y a en arrière-plan la drogue qui sert autant les intérêts des guérilleros et du gouvernement colombien que de la CIA, très bien implantée. Tout le monde se sert dans cette tambouille. Alors, la mère Betancourt, tout le monde s’en fout.
On a défilé aussi, ou on s’apprête à le faire, contre la Chine pour les horreurs qu’elle perpétue au Tibet. On veut embêter les Chinois et on profite des Jeux olympiques..
Je l'avoue, la cause est grave, car voici des lustres que les Chinois éradiquent la culture tibétaine, déportent et importent des populations. On nage en plein foutoir. Et ça ne date pas d’aujourd’hui. Un de mes amis me faisait la remarque suivante : "y-a-t-il encore un Tibétain au Tibet ?" C’est bien de gueuler, de défiler – ça fait une sortie avec les gosses le dimanche quand on ne sait pas quoi foutre –, mais comme dirait Chirac : « Ca m’en touche une sans faire bouger l’autre. » Hein, monsieur Ménard, l’ayatollah de Reporters sans frontières. Il a eu son quart d’heure de célébrité à la téloche, le Ménard, comme le disait le cousin Andy Warhol !
On aurait dû défiler aussi pour libérer l’équipage du Ponant, pris en otage par des pirates – en plein 21ème siècle ! – au large de la Somalie. Mais, là, il semble qu'on manque de personnel.
Voici belle lurette que les Européens ne pratiquent plus la politique de la canonnière, pour la bonne raison qu’ils ne font plus de politique du tout. On est à la traîne et à la remorque d’on ne sait quel fantôme quand celui-ci ne s’appelle pas l’Amérique. L’Amérique ? Parlons-en. Elle n’a jamais pris l’exacte mesure de ce qu’est la puissance et, de surcroît, les Américains sont de piètres guerriers. Depuis la fin de la dernière guerre, ils ne font que des bourdes géopolitiques dont nous payons en retour la note.
Certes, me direz-vous, la logique d’une puissance maritime n’est jamais celle d’une puissance continentale. Nous sommes bien d’accord. C’est la raison pour laquelle, le mur de Berlin tombé, nous aurions dû prendre nos distances avec et l’Angleterre et l’Amérique. Ce qui ne veut pas dire qu’il fallait couper les ponts. Non, il aurait fallu initier d’autres rapports.
D’avoir laissé, sans moufter, bombarder la Serbie par des avions américains donne l’exacte mesure de ce qu’est cette Europe gouvernée par des eunuques.
Le seul qui regarde d’un air goguenard toute cette agitation, c’est Vladimir Poutine. Il se demande à quelle sauce il va manger tout cela. Peut-on lui donner tort ?
15:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrick parment, bétancourt, farc, sarkozy, synthèse nationale
27.03.2008
Pas de citrouille pour Nicolas
Tu sais qu’on a eu les foies, Nicolas ! Du bar du Goujon fidèle à Tarascon-sur-Ariège au bureau du chef du protocole de l’Elysée, toute la France avait le trouillomètre à zéro pendant ces deux jours de visite à haut risque de dérapage protocolaire, dans un royaume où l’étiquette est un vaste champ de mines.
C’était pour toi une occasion rêvée de redorer ton blason. Tu t’en es plutôt bien sorti, malgré une photo de Carla très peu couture diffusée dans les journaux anglais, malgré quelques tics et trémoussements, malgré tes regards de gamin émerveillé qui passe directement de Disneyland à un vrai palais avec une vraie reine. L’entente cordiale en est toute ragaillardie.
Tu as su contenir tes pulsions tactiles et c’est bien. Ne pas tripoter la reine, ne pas lui péter la bise ou lui pincer les fesses en fin de banquet, bien ! Tu n’as pas bu l’eau des rince-doigts et ne t’es pas mouché dans la nappe, bien ! Et s’il est vrai que le prince Philip s’enquiquine à mourir depuis des lustres dans cette cour empesée, tu as résisté à la tentation de lui raconter une bonne blague bien graveleuse pour essayer de le décoincer. Et si, oui, tu as été pris de pitié pour ce pauvre Charles, tu as aussi évité de faire remarquer à l’un de tes ministres présents (ce qu’une oreille indiscrète aurait forcément entendu) que ta meuf est nettement mieux roulée que cette brave Camilla emplumée et plâtrée de fard.
Tu as su exporter notre french touch d’exotisme en faisant promener face à face Rachida et Rama en carrosse (pas très à l’aise les pauvrettes, d’abord elles ne peuvent pas s’encadrer et puis il est vrai que, n’étant pas tombées dans le chaudron quand elles étaient petites, elles étaient peu préparées à fréquenter les grands de ce monde.) Tu me diras que si on y avait mis Bachelot et Boutin dans le carrosse, c’était la casse assurée et l’incident diplomatique qui va avec.
Allez, un petit reproche tout de même. Tu as pensé à remiser Ray-ban, Rolex et portable pour te présenter devant les deux chambres réunies, ça c’est bien. Mais tu as peut-être un peu excessivement ciré les pompes des parlementaires britanniques qui n’ont peut-être pas ta promptitude sentimentale. Et passer de l’entente cordiale à l’entente amicale le temps de traverser la Manche sera sans doute pour eux tout aussi difficile à avaler qu’un plat de cuisses de grenouilles.
16:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, grande-bretagne, politique
19.02.2008
Shoah et devoir de mémoire
Une gaffe érigée en projet pédagogique « ...Je veux redonner à tous les Français la fierté d'être Français. Je veux leur dire qu'ils auront à choisir entre ceux qui assument toute l'Histoire de France et les adeptes de la repentance qui veulent ressusciter les haines du passé en exigeant des fils qu'ils expient les fautes supposées de leur père et de leurs aïeux... La France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale. Elle a inventé les droits de l'Homme et elle est le pays du monde qui s'est le plus battu pour la liberté. » (Nicolas Sarkozy, 30 mars 2007, campagne présidentielle)
Il n’en rate pas une notre petit président. Sautiller, faire du bruit, vivre dans l’immédiateté... Les petites phrases fusent sans même qu’il se rende compte de l’énormité de certains de ses propos.
Parce que la petite dernière (le parrainage par des enfants de 10 ans d’enfants morts, victimes de la shoah), il fallait vraiment la faire. Ne me dites pas que c’était réfléchi, personne n’y croit, pas même son entourage.
J’imagine la mine atterrée de Simone Veil, présente à ce fameux dîner du CRIF quand Nicolas Sarkozy, l’oeil humide et la voix congestionnée de compassion cuite à point, lâche sa trouvaille du jour. Même Sitruk n’y avait pas pensé !
Quid de l’impact psychologique que subiront ces enfants à qui l’on confiera la mémoire d’un petit martyr, victime des crimes nazis ? Quid de l’inévitable sentiment de culpabilité qui sera ressenti par ces enfants astreints ainsi à expier des fautes qui ne les concernent en rien ?
Et puis ce n’est pas bien de pratiquer ainsi un tri compassionnel sélectif : un enfant mort en déportation aurait t-il droit à une plus grande piété mémorielle qu’un enfant vendéen ou arménien qui aura pourtant été victime, lui aussi, d’atrocités commises au nom d’une exigence d’extermination ?
Après la boulette de l’affaire Guy Môquet, la leçon aurait due être retenue... On se souvient que la lecture de la lettre du jeune Môquet avait fait tousser les syndicats enseignants. Guy Môquet avait en effet été arrêté, non pas pour des actes de résistance, mais tout simplement parce qu’il distribuait des tracts pour le parti communiste, ce qui ne se faisait pas à l’époque. Une falsification de l’histoire pour enfoncer le clou de la repentance contrainte, qui n’a pas pris. L’affaire Môquet est partie en vrille et le souvenir qui en restera est associé à la défaite de l’équipe de France de rugby en coupe du monde. Tu parles d’un flop !
Pour l’affaire qui nous occupe aujourd’hui, c’est un autre problème qui se pose. Les déportés d’Auschwitz désapprouvent, la classe politique, à droite comme à gauche aussi, et les syndicats enseignants eux-mêmes s’inquiètent de la mise en place d’un tel projet en dénonçant « l’injonction politique sur l’école sans aucune concertation ». Cela nous donne la mesure du malaise.
Histoire et mémoire. Deux mots qui ne se confondent pas tout simplement L’enseignement de l’histoire à l’école doit être nécessairement libéré de toute pression mémorielle, quelle qu’elle soit. Le devoir de mémoire, lorsqu’il doit s’appliquer, doit se faire en dehors de l’école, tout le monde le sait, sauf Nicolas Sarkozy. On fait pourtant ce qu’il faut en France : procès, commémorations, films et documentaires. Lors d’une récente promenade dans les rues de Paris, j’ai eu l’occasion de passer devant le mémorial de la shoah, ouvert en 2005 en plein coeur du Marais, avec le fameux mur des noms des 76.000 juifs, dont 11.000 enfants déportés, et j’ai pu observer le grand nombre de plaques sur les immeubles, rappelant la mémoire de juifs arrêtés et déportés. Impossible d'oublier.
Pour Xavier Darcos, chargé du dossier, « l’intuition » présidentielle est une bonne chose. "L'objectif de la démarche semble devoir primer sur les modalités de la mise en oeuvre". C’est ce qui s’appelle faire avec. Bon courage ! La polémique enfle de jour en jour et le dossier est loin d’être bouclé
Décence, tact, bienséance, réserve, dignité, respect, autant de notions qui tintinnabulent aux oreilles de notre camelot de la politique, sans espoir d’être assimilées. Eviter de parler à tort et à travers relève pour N. Sarkozy d’une problématique qu’il n’est pas prêt de résoudre.
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09.02.2008
Référendum et traité de Lisbonne...
Ou tout simplement comment se faire pigeonner !
29.01.2008
A QUOI SERT LA CROISSANCE ?
A voir Sarkozy sautiller en permanence à propos de la croissance, on finirait par penser que c’est une préoccupation obsessionnelle depuis qu’il est petit.
Chargé par le Président de la difficile quête du graal, Jacques Attali aurait, dit-on dans certains cercles, trouvé la précieuse hormone de croissance pour notre économie. Il l’a enfermée dans une clé USB rouge qu’il s’est empressé de porter, avec les solennités d’usage, à son commanditaire élyséen.
Un pas vers le Bonheur National Brut ?
Pour contrecarrer à l’avance la critique sur la dérive ultralibérale de son travail, l’ancien sherpa de la Mitterrandie avait sorti pour l’occasion sa plus belle chemise à col Mao. Pour plaire au président, il l’avait choisie dans les tons dorés. La presse était là. Les grands groupes jubilaient. Unanimisme et œcuménisme fleurissaient sous les lambris républicains Dérégulation et immigration devenaient le sésame pour le bonheur.
Incrédulité et inquiétude
Les Français, échaudés par la stérilité avérée des promesses de Nicolas Sarkozy sur leur pouvoir d‘achat, ont regardé ce spectacle avec un mélange d’incrédulité et d’inquiétude. Avec Nicolas Sarkozy, tout devient effectivement possible, même autoriser quelques économaniaques à inscrire très officiellement l’économie comme une fin en soi : la croissance pour de la croissance, la glorification d’un système productiviste et mercantile dans lequel les personnes ne sont envisagées que comme agents de production ou de consommation.
Rapport Attali : une double supercherie
Il y a une première supercherie à faire croire que la liberté totale est source de bonheur. Avec Henri Lacordaire, on sait depuis longtemps qu’ « entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » L’organisation sociale dans laquelle l’Etat abdiquerait son rôle régulateur ne s’appelle plus la communauté nationale mais la jungle. Supplantée par les lois du marché, la démocratie, c’est à dire le pouvoir du peuple, est vouée à disparaître. Selon l’expression de JC Guillebaud, le marché est « un empire sans empereur » qui se développe, se déploie, s’étend, emporté par des mécanismes objectifs indépendants de la volonté humaine. La deuxième supercherie consiste à accréditer l’idée que la concurrence sauvage protège le consommateur : or, tout le monde sait que les grandes surfaces en qui Attali place ses espoirs, ne défendent pas le consommateur mais leurs marges. Le laisser faire en la matière conduit inévitablement au règne des oligopoles.
Libérer la croissance mais asservir les individus
L’économie comme la croissance n’ont de sens que si elles profitent aux personnes ou au Pays. Aucun système intellectuel et surtout pas économique ne vaut d’être entretenu pour lui-même. C’est encore plus vrai lorsqu’il ne vise qu’aux bénéfices de quelques groupes multinationaux.
Le vice initial de la construction sarkozo-attalesque est d’inscrire la France au marathon épuisant de la mondialisation avec les règles des pays émergents. Ils condamnent ainsi les Français à devoir produire toujours plus et toujours moins cher. A défaut de systèmes de régulation fiscale, sociale et douanière, nous ne trouverons, dans ce petit jeu truqué, ni le salut ni la grandeur, mais l’asservissement.
Olivier Carer - Altermedia
00:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : attali, croissance, politique, sarkozy
Les apprentis sorciers de l’économisme fou
L’acteur de sitcom qui occupe actuellement le poste de président de la république n’est plus à une incohérence près. Ainsi il n’hésite pas à évoquer la nécessité d’une « politique de civilisation » tout en s’engageant à suivre les recommandations de la fameuse « Commission Attali » dont le but est justement de détruire les derniers vestiges de civilisation qui brident encore la boulimie financière de l’économie mondialisée. Car ne nous y trompons pas, le vocable « libération de la croissance » signifie bel et bien « disparition de tout ce qui peut représenter une borne, un aménagement ou un frein à la barbarie marchande devenue horizon incontestable et indépassable de l’existence humaine. ».
En effet, maintenant que l’on a bien amusé les gogos avec le grand cirque démagogique du « grenelle de l’environnement », nos dirigeants peuvent revenir aux choses sérieuses : le culte de la consommation et le délire productiviste.
L’aberrante proposition de relancer l’immigration pour satisfaire les besoins de main d’œuvre, formulée par l’aréopage mondialisto-libéral cornaqué par Attali, est tout à fait révélatrice du système de pensée de ces dangereux technocrates. Pour eux il n’y a pas d’êtres humains, fruits d’une tradition et d’un environnement, attachés à une terre, un mode de vie et une histoire, il n’y a que des chiffres dans des colonnes. Ils constatent dans leur bilan comptable qu’il manque 2000 ouvriers en Bretagne ? Qu’à cela ne tienne ! Prenons 2000 paires de bras à Ouagadoudou et transplantons-les dans la banlieue de Lorient ! L’opération arithmétique est équilibrée, donc tout va bien. Et peu importe le déracinement, les chocs culturels, les incompatibilités identitaires… Peu importe également les coûts et dommages « collatéraux » (infrastructures d’accueil, prise en charge médicale et éducative, gestion policière et judiciaire de la délinquance…) qui seront de toute façon assumés par la collectivité publique et non par les intérêts privés… Seule compte la satisfaction des besoins du Capital. C’est l’unique et obsessionnelle préoccupation de ces nouveaux négriers. Face aux délires de ces apprentis sorciers stipendiés par les multinationales déshumanisées, face à l’incroyable complicité active des organisations gauchistes qui leur servent la soupe par leur activisme pro-immigrationniste, les militants identitaires, eux, refusent cette logique suicidaire et s’engagent avec la plus grande ferveur pour de droit sacré de chacun de vivre et travailler au pays ! La diversité du monde et son équilibre ne peuvent se passer de cette exigence minimale.
Par ailleurs, nous qui croulons déjà sous les biens matériels inutiles et coûteux qui nous enchaînent et nous abrutissent, nous savons bien que l’avenir ne passe pas par l’utopie dégénérée d’une croissance permanente et infinie, véritable course à l’abîme, mais tout au contraire par un retour au sens de la mesure, de la simplicité, par une relocalisation et une frugalité choisie.
Pierre CHATOV (source : Novopress)
00:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, attali, sarkozy
18.01.2008
CIVILISATION WAHHABITE...
En déclarant devant les dignitaires wahhabites que la France et l’Arabie saoudite partageaient « le même objectif de politique de civilisation », Nicolas Sarkozy n’a sans doute pas voulu signifier au monde entier qu’il entendait instaurer dans notre pays un régime inspiré de la pratique islamiste intégriste dont Ryad s’est depuis longtemps fait le prosélyte, toutes choses étant par ailleurs égales et quelles que puissent être les querelles de mosquées qui opposent la famille régnante et le djihadisme international.
Il n’empêche… Ces déclarations sont particulièrement emblématiques de la confusion mentale d’un Président de la République qui en vient à placer, sur une même ligne d’inspiration, la Nation chère à Henri Guaino et le cosmopolitisme d’un Jacques Attali, la défense de « la France qui travaille » et les cadeaux faits au grand patronat, l’identité nationale et l’immigration, qu’elle soit choisie ou pas, le rappel des racines chrétiennes de l’Europe comme de la mission de la France en tant que fille aînée de l’Eglise et le développement du relativisme, du matérialisme et de l’hédonisme, en quelque sorte l’Evangile d’une main, Voici de l’autre.
La politique de civilisation du royaume saoudien, on la connaît. C’est celle de l’Islam le plus radical, où aucune croix ne saurait être tolérée.
Mais peut-être est-ce finalement un message subliminal que nous adresse Sarkozy : « La politique de civilisation exige la mise en œuvre de la réciprocité, et l’interdiction de tous les signes extérieurs de l’Islam sur le territoire français »…
On peut toujours rêver !
14/01/08
15:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : solidarité, jean-françois touzé, synthèse nationale, politique, sarkozy, ump, strasbourg
10.01.2008
politique de civilisation, télévision publique et bling-bling.
« Nous ne résoudrons rien sans retrouver le goût de l’aventure ni moraliser le capitalisme financier. Notre vieux monde a besoin d’une nouvelle renaissance. Il faut désormais mener une politique de civilisation ». Nicolas Sarkozy, 31 décembre 2007.
Je ne sais pas lequel de ses gourous (Bigard ou Barbelivien) lui a soufflé ça, mais ce soir là notre président s’est fendu d’un déballage inspiré de billevesées. Le sociologue Edgar Morin, auteur du livre « pour une politique de civilisation » a aussitôt répondu à l’exalté de l’Elysée, expliquant que ce propos du Président n’indiquait pas de « direction qui aille dans le sens de mes idées ». Une contorsion polie pour nous dire que Nicolas Sarkozy qui se vante de ne jamais lire, n’a sans doute pas lu son livre ou bien n’en n’a pas pipé un mot.
« Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas » : des promesses électorales qui ont perdu de leur lustre pour cause de papillonnage politico-médiatique. Avec pour résultat un affreux sondage que notre oiseau voyageur n’a pas vu venir du haut des pyramides. Pas grave. Mardi, lors de sa conférence de presse, l’as du zapping et de l’esquive est passé à toute bombe sur l’emploi, le pouvoir d’achat et les inquiétudes légitimes de cette classe moyenne qui a massivement voté pour lui et avalé tout cru son « message de foi et d’espérance » (ça aussi, il a osé).
Notre Gramsci en herbe, « le pouvoir se gagne par les idées » avait-il déclaré pendant la campagne présidentielle, jette alors à la tête d’un parterre de journalistes médusés LA réforme qui fait fantasmer la France : la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. Et PAF ! (merci d’apprécier le jeu de mots).
Carolis, pas au courant, Albanel, pas au courant. Elle m’a fait de la peine, l’inoffensive ministre de la culture, en tentant d’expliquer dans un piteux bafouillis, qu’en taxant les pubs sur les chaînes privées et les opérateurs internet, le montage financier de l’opération était nickel. « Je crois que c’est une décision très forte, j’espère définitive, sûrement définitive » bredouille t-elle dans un élan de conviction chevrotante. Une prestation miteuse qui va l’envoyer tout droit au piquet coiffée d’un bonnet d’âne au prochain bulletin de notes.
Ce qui est sûr, commentait un de mes amis, c’est qu’avec ça, on va revenir à une télévision de type « Pologne années 60 » en noir et blanc avec un présentateur vedette à l’allure de croque-mort. Bien vu. Roger Gicquel doit frémir d’impatience en repassant sa chemise blanche.
Cette conférence de presse, avec son florilège de déclarations ubuesques qui devrait faire le bonheur des chansonniers, restera à n’en pas douter dans les annales de ce quinquennat qui n’a pas fini de nous faire rigoler.
Pour les 35 heures, il ne sait plus : un jour oui, un jour non, il va bien nous trouver un petit quelque chose pour mettre en jambes un monde syndical en mal de défilé.
Les chiffres officiels des voitures brûlées lors de la nuit de la Saint-Sylvestre ne sont tombés qu’aujourd’hui. Dommage, on a raté l’explication fumeuse. 878 voitures incendiées, annonce le ministère de l’Intérieur, soit le double du chiffre annoncé par la Direction générale de la Police Nationale (397). Allez, tout ça, c’est déjà loin. Dix jours de frénésie élyséenne, ça nous fait vite oublier les misères du petit peuple...
Nicolas Sarkozy, qui n’a pas fini d’amuser la galerie, aura achevé de déposséder le Gaullisme et sa « certaine idée de la France ». Peut-être un mal nécessaire qui saura nous dépêtrer de cette atonie qui grignote notre capacité de résistance. Il ne s’agit pas de s’endormir sur cette impression de fin de civilisation.
Avoir toujours à l’esprit que la force de nos sentiments saura guider nos pas, voilà qui devrait magnifier ces belles raisons que nous avons d’espérer.
Chantal Spieler
23:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, synthèse nationale, chantal spieler, civilisation



