06.05.2008
Régularisations : DE LA CIVILISATION A LA BARBARIE...
Par Olivier Carer
Les clandestins, dont la révolte téléguidée tend à se généraliser opportunément à l’anniversaire de Mai 68, ont décidé de pousser l’avantage. Leur offensive, médiatiquement victorieuse, profite de la relative résignation de l’opinion et de l’engourdissement idéologique d’un gouvernement rongé par la mauvaise conscience.
Sur le fond, la logique d’abandon qui prévaut dans cette affaire n’est que le tragique reflet de la subversion de notre conception du bien commun.
La civilisation, c’est la reconnaissance du bien commun
Avec la « civilisation » et la renonciation à la vengeance personnelle, notre système pénal s’était construit autour de peines sanctionnant la transgression d’un ordre social. La sanction n’avait nul besoin, pour asseoir sa légitimité, de l’existence ou non d’une victime identifiée ou d’une souffrance démontrée. Au XVIème siècle, faire « amende honorable » consistait pour le condamné à reconnaître publiquement sa faute et à en demander pardon à Dieu, à la société et aux hommes. Il est à noter que la victime éventuelle était absente d’un rituel infamant réservé à ceux qui n’avaient pas su tenir leur rôle social.
Pas de victime identifiable : pas d’infraction
Aujourd’hui, le triomphe de l’individualisme et la dictature du sentiment ont transféré la légitimité exclusive des peines dans la souffrance palpable de la victime. Cette nouvelle philosophie des sanctions, consacrée par l’émergence d’une « justice restaurative », a fini par déformer les esprits au point de supprimer toute immoralité aux délits sans victime apparente. Voler une grande surface n’est pas voler puisque personne ne semble ressentir le préjudice. Dans ce système où la violation de la règle n’est plus une affaire sociale mais relève de la relation privée entre individus, on ne sanctionne plus, on organise une médiation entre la victime et l’auteur de l’infraction. Cette réhabilitation édulcorée de l’ancienne vengeance privée, cet évanouissement de la notion même de préjudice social constituent une régression juridique, la négation de siècles d’évolution vers la civilisation et un retour fracassant de la barbarie.
L’immigration clandestine : le mythe de l’absence de préjudice
Très logiquement, cette vision compassionnelle exclusive de toute idée de défense du bien commun a érodé toute connotation immorale à l’entrée et/ou au séjour illicite dans notre pays. Ces infractions sociales, par excellence, ne font apparaître, en effet, aucune victime identifiable. Les immigrationnistes les plus zélés finissent même par soutenir que la seule victime serait le délinquant lui-même. Tous nient l’existence même d’un préjudice résumé par l’inévitable et péremptoire formule valant absolution: « les sans-papiers travaillent ».
Pas de victime, pas de préjudice, pourquoi y aurait-il infraction pénale, pourquoi y aurait-il sanction ?
Or ce raisonnement simpliste ignore les terribles conséquences sociales et humaines de l’immigration illégale, son incidence plus ou moins directe sur la délinquance générale et l’immoralité absolue de ceux qui en profitent. Il serait facile mais trop long d’en dresser la liste.
En réalité, derrière l’impunité des clandestins qui paradent, revendiquent, exigent, menacent et derrière les raisonnements délibérément pervertis, c’est une inquiétante oxydation de notre conscience du bien commun qui transparaît, c’est une civilisation qui disparait.
18:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : régularisations, sans-papiers, sarkozy, politique



