01.07.2008

Présidence française : Feu sur le quartier général

Communiqué de presse de Jean-François Touzé,

Conseiller régional d’Ile-de-France, porte-parole de la

Nouvelle Droite Populaire :

 

Président sans pouvoir d’une Europe impuissante, Nicolas Sarkozy souhaite que les six mois de présidence française soit marqués par des avancées qu’il espère majeures en matière d’agriculture, d’énergies, de défense, et de maîtrise des flux migratoires.

 

Sur l’ensemble de ces points, c’est surtout l’imposture de cette Union bruxelloise qui risque d’apparaître en pleine lumière puisque les mesures qui pourraient être mise en oeuvre ne dépendent en réalité ni des États nationaux, ni même des institutions européennes, mais du bon vouloir d’autres organisations : l’OMC dirigée par Pascal Lamy pour l’agriculture ; les pays producteurs et les grandes compagnies pétrolières pour l’énergie ; l’OTAN et les États-Unis pour la Défense. Quant à l’immigration, sans volonté identitaire et sans réflexe défensif face à l’invasion, l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui est bel et bien condamnée à pratiquer la stratégie du chien mort au fil de l’eau ainsi que vient, une fois de plus de le montrer la spectaculaire reculade de Brice Hortefeux face aux pressions exercées par José Luis Zapatero contre sa proposition de « pacte sur l’immigration ».

 

Depuis le NON irlandais, c’est une Europe bien cabossée que les technocrates veulent tenter de recoudre contre l’avis des peuples. Contrairement au précepte qui veut que l’on ne tire pas sur une ambulance, nous disons quant à nous : « Feu sur le quartier général de Bruxelles ». Présidence française ou pas, cela ne peut rien changer. Il est temps de construire une autre Europe, celle des réalités populaires, des coopérations nationales et de la puissance retrouvée.

 

La Nouvelle Droite Populaire publiera en septembre prochain son « Manifeste alter-européen » qui présentera notre vision de cette nécessaire organisation continentale.

04.05.2008

La Convention nationale de la Nouvelle Droite Populaire, dimanche 1er juin à Paris :

889254351.jpgDimanche 1er juin, de 14 h 00 à 18 h 00, le Comité d'initiatives pour une Nouvelle Droite Populaire organisera dans les salons d'un grand hôtel parisien (le lieu sera rendu public le 15 mai) sa première convention nationale.

A cette occasion, le mouvement, qui, rappelons-le, se veut être une véritable fédération des énergies pour la défense de notre civilisation et pour le rassemblement de la droite de conviction, présentera sa chartre et son organisation. Ce sera, en fait, l'acte fondateur de la N.D.P.

Chacun d'entre vous peut, en tant que délégué ou en tant qu'observateur, assister à cette Convention nationale.

Prendront la parole :

Annick Martin, vice-présidente du MNR

François Ferrier, conseiller régional de Lorraine

Jean-Claude Rolinat,écrivain et journaliste

Jean-Philippe Wagner, conseiller régional de Lorraine

Roland Hélie,directeur de la revue Synthèse nationale

Robert Spieler, ancien député

Jean-François Touzé, conseiller régional d'Ile-de-France et coordinateur de la N.D.P

 

Participation : 7,00 €

Renseignements complémentaires : ndp@club-internet.fr 

ou : robert.spieler@club-internet.fr

Site : Nouvelle Droite Populaire

02.05.2008

La Nouvelle Droite Populaire s'organise...

475703879.jpgLe Comité d'initiative pour une Nouvelle Droite Populaire dispose désormais de son propre blog. Vous pouvez le consulter en cliquant sur :

Nouvelle Droite Populaire

Le 1er mai fut pour la NDP une première occasion de faire parler d'elle dans les media puisque son coordinateur national, Jean-François Touzé, s'est exprimé sur Arté infos (à 12 h 45 et à 19 h 45) ainsi que sur RMC lors du journal de 8 h.00.

De plus, afin de préparer la Convention nationale qui se tiendra à Paris le dimanche 1er juin, la NDP organise une série de réunions en province (dont une à Strasbourg le vendredi 16 mai, consulter la liste sur le site indiqué ci-dessus).

Contacts NDP - Alsace : robert.spieler@club-internet.fr

01.09.2007

Affaire Môquet : de l’histoire, Monsieur le Président, et non du catéchisme.

a32bf7f052f567dd091a5de49e448808.jpgLa revue L’Histoire, plutôt orientée à gauche, est à bien des égards remarquable de rigueur (pas toujours cependant). Il lui arrive de traiter certains sujets contemporains avec un parti pris qui manque parfois de rigueur historique.

La dernière livraison (L’Histoire - septembre 2007), qui consacre un article à l’affaire Môquet, n’en n’est que plus remarquable. La conclusion de l’éditorial, que je cite intégralement est tout à fait intéressante. Elle concerne la décision de Nicolas Sarkozy de faire lire dans toutes les écoles de France, à chaque rentrée scolaire, l’émouvante lettre d’adieu de ce jeune otage communiste fusillé à titre de représailles par les allemands le 22 octobre 1941, à la suite de l’assassinat d’un officier allemand.

« Pour les uns, qu’un Président de la République de droite fasse d’un jeune communiste un exemple d’héroïsme témoigne d’une courageuse intention d’union nationale ; pour les autres, la prescription est avant tout une manoeuvre politicienne et une intervention abusive de l’Etat dans la liberté des enseignants. Cimenter une communauté nationale par le rappel de ses valeurs communes et l’exemple de ses héros n’est pas forcément illégitime. A condition, nous rappelle Jean-Pierre Azéma, de faire vraiment de l’histoire, jusqu’au bout. De l’histoire, et non du catéchisme. Encore un effort, Monsieur le Président ! »

L’historien Jean-Pierre Azéma, dans l’article évoqué, écrit ceci : « sans doute l’histoire n’appartient-elle pas qu’aux historiens. Il est du rôle de la représentation nationale, comme du Président de la République, de proposer, susciter commémorations et hommages, mais non d’édicter ce que l’on doit enseigner ».

Et de conclure : « Beaucoup refusent l’idée de cette caporalisation mémorielle : une lettre lue dans tous les établissements scolaires, tous les ans, le même jour, sinon à la même heure, quasiment au garde-à-vous ?

Aujourd’hui Môquet, demain Che Guevara et bientôt Andréas Baader ?

Et si l’on proposait plutôt à nos enfants la lecture des magnifiques et poignants poêmes de Fresnes de Robert Brasillach ?

Robert Spieler 

 

NDLR : Lire aussi le remarquable article de Didier Lecerf consacré à Guy Môquet dans le dernier numéro de la revue Synthèse nationale (n°4, été 2007)

28.08.2007

Turquie : Sarkozy se couche...

f03756a73c3617448b8c9668b4db207b.jpgSarkozy avait réussi à attirer à lui une part importante de l’électorat « national » en affirmant haut et fort qu’il s’opposait à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne , « la Turquie n’étant pas européenne ».

Il vient de déclarer aujourd’hui, alors que le parlement turc vient de porter à la présidence de la République un islamiste inconditionnel « qu’il ne s’opposait pas à la poursuite des négociations avec Ankara »

Il est vrai que Sarkozy vient d’avoir l’immense honneur d’être invité par Bush à déjeuner.

Il est vrai que les Etats-Unis et Israël ont toujours oeuvré pour l’intégration de la Turquie dans l’Union Européenne.

Il est vrai que l’intégration de la Turquie dans l’U.E  signifierait la mort de l’Europe de la puissance.

A votre avis, pour qui roule Sarkozy ?

Robert Spieler

09.08.2007

Mais à quoi joue Le Pen ? A quoi sert encore le FN ?

9241efbe58d576f7a450d7682bc5c285.jpgLe Pen Sarkozyste ? On pouvait le croire en écoutant ses commentaires sur RTL, mardi 7 août : Sarkozy tient « un certain nombre de ses promesses électorales. Chacune de ses actions est mûrement réfléchie, pesée, très bien informée et jusqu’ici assez bien réalisée, il faut le dire ». Le Pen n’hésite pas à lui trouver « un certain charme ».

Quelles promesses électorales Sarkozy à t-il tenues ?

 - Le micro traité européen ? Il n’a pourtant pas osé évoquer, malgré ses précédentes rodomontades, son « opposition » à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.

- L’avancée de son projet « d’union méditerranéenne » qui l’a amené à se rendre en Algérie saluer son « ami » Bouteflika et en Lybie vendre des missiles pour des milliards d’euros au dictateur fou Khadafi ?

- Quant à ses vacances pour multimilliardaire aux Etats-Unis, on y retrouve là le symbole de ses accointances avec le grand capital mondialiste…

Certes, Sarkozy est en train de tenir ses promesses à l’égard des plus riches, et Le Pen n’y trouve évidemment rien à y redire.

Or, en politique, le principe absolu, si l’on souhaite vaincre, est, comme l’a démontré Julien Freund, de désigner l’ennemi et de le combattre. Lorsque l’on encense l’adversaire, les éloges, fussent-ils même justifiés, le renforcent tout en décourageant et en désespérant nos propres troupes : la défaite est certaine. Relisons à cet égard Sun Tzu (de l’art de la guerre), qui analyse les diverses façons de vaincre, sans même avoir à combattre.

Si une élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, gageons que Le Pen n’atteindrait pas 5%. Tant de combats, de dévouements militants, de sacrifices pour en arriver là… Tout ça pour ça …

Le fait que Le Pen ait été reçu à l’Elysée le 20 juin, jour de son anniversaire, aura t-il suffi pour transformer le lion en agneau ? Espère t-il obtenir un strapontin au gouvernement pour sa fille Marine ? Perspective absurde.

Laissons la cruelle conclusion à Christophe Forcari, de Libération : « Ainsi, après avoir fait main basse sur près d’un million d’électeurs lepénistes, Sarkozy parvient même à ôter à Le Pen sa virulence habituelle, visiblement amadoué après une simple visite à l’Elysée ».

A quoi sert encore le Front National ?

Robert Spieler

30.07.2007

Entretien avec Robert Spieler, paru dans Rivarol n°2820 du 20/07/2007

2ccc919c61f83b2cd50e534a78465512.jpgRIVAROL : Robert Spieler, vous êtes fondateur et président d’Alsace d’Abord créée en 1989 après avoir été député du Front National de 1986 à 1988. La droite nationale a connu des résultats très décevants lors de la présidentielle et des législatives. Quelles en sont à votre avis les raisons ?  

Robert SPIELER : Les raisons de cet échec ne datent pas d'aujourd'hui et s'expliquent de deux façons.

- La première tire son essence du mode même de fonctionnement et d'organisation de ce mouvement : centralisme non démocratique, principe du chef absolu n'autorisant aucun débat, ambiance de courtisanerie, exclusions de ceux qui démontrent un esprit un tant soit peu critique ou rebelle. Je garde toute mon estime pour Le Pen, avec ses immenses talents, mais regrette ses considérables défauts qui ont empêché le Mouvement National de prétendre au pouvoir. Des centaines de femmes et d'hommes de qualité ont été amenés à quitter le FN. Le départ de Mégret, quels que soient les reproches qu’on peut lui faire, et de celui des meilleurs cadres, a été un désastre. J'ajouterai le manque quasi total d'implantation locale du FN, conséquence logique de son mode de fonctionnement. Est-il normal qu'un mouvement qui rassemblait des millions d'électeurs n'ait aucun maire et très peu de conseillers municipaux? Il ne faut pas chercher plus loin les raisons des difficultés de réunir 500 parrainages et celles de relayer le message sur le terrain.

-  La seconde raison de l'échec du FN réside dans son absurde repositionnement politique en 2007. Aller honorer Clemenceau, que j'ai qualifié de "géniteur d'Hitler" (1) pour son refus de signer la paix dès 1916 avec l'Autriche-Hongrie, ce qui aurait pu empêcher la mort de millions d'européens ; rendre hommage à la Révolution à Valmy ; expliquer, sur la dalle d'Argenteuil, que les immigrés non européens sont des "branches de l'arbre France" (tout en attaquant les origines hongroises de Sarkozy, ce que les fils et petits-fils des immigrés polonais, italiens ou espagnols électeurs du FN auront apprécié...). Les insultes de Marine Le Pen et de Louis Aliot à l'encontre des régionalistes (le communautarisme musulman comparé au "communautarisme" alsacien!). Et enfin ces agressions à l'encontre des "groupuscules" "cathos-tradis", qui étaient pourtant des fidèles d'entre les fidèles.

Tous les ingrédients menant au désastre étaient réunis. La redoutable habileté de Nicolas Sarkozy a suffi pour faire s'écrouler le château de cartes.

 

R. : Face à la situation très difficile où se trouve actuellement notre mouvance, que peut-on faire d'utile actuellement ? Sur quels fondements, avec quel projet et avec quel mode d'organisation et de direction peut-on reconstruire ?  

R.S. : Certainement pas sur les modes d'organisation que la mouvance nationale a subi depuis plus de 20 ans (centralisme, manque de concertation avec les fédérations...). Nous devons aussi nous débarrasser de la fascination pour l'autoritarisme et la recherche de l'homme providentiel. Comme le disait fort justement Bernard Anthony dans une récente interview à Rivarol, "un peuple n'a certes qu'une fois dans son histoire une Jeanne d'Arc ou un saint Louis". Nous devons absolument sortir de ces comportements typiques d'une certaine "extrême droite" : arrogance et mépris envers ceux qui ne pensent pas rigoureusement comme vous, misérables guerres de chapelle, tendances groupusculaires, provocations imbéciles qui renforcent l'ennemi. Sans tomber dans les dérives de la démocratie dévoyée qu'illustrent les querelles incessantes chez les Verts, nous devons nous orienter vers un fonctionnement démocratique "athénien" où des "égaux" cooptés ou élus prendraient les décisions. Une coordination de toutes les forces régionalistes, nationalistes et européennes, pratiquant l'absolu respect des convictions de chacun, basée sur un socle qui est le plus grand dénominateur commun : la défense intransigeante de nos identités. Quand je dis coordination, je veux aussi parler du rôle essentiel de la presse nationale et identitaire et de tous ceux qui, chacun à leur niveau, défendent notre idéal. Sans exclure quiconque, si ce ne sont les provocateurs et ceux pour qui le chêne français peut supporter des branches de palmier...  

 

R. : Parmi les initiatives récentes, il y a eu fin juin l'annonce officielle de la création d'une Fédération identitaire. D'aucuns ont été surpris de ne pas vous voir apparaître dans cette entreprise où sont présents plusieurs personnalités d'Alsace d'Abord. Pouvez-vous nous dire pourquoi et, plus largement, que pensez-vous de cette première tentative de regroupement ?  

R.S. : J'encourage cette initiative qui a pour objectif de vouloir rassembler les mouvements régionalistes. Mes amis Fabrice Robert, Président du Bloc Identitaire, Christian Chaton, Conseiller Général d'Alsace, et Jacques Cordonnier, Secrétaire Général d'Alsace d'Abord, participent à cette initiative. Je crois cependant en l'ardente nécessité d'aller plus loin et de rassembler à terme, en une coordination au fonctionnement souple, toutes les forces, réseaux, mouvements, revues, et individus autour du plus grand dénominateur commun : le combat intransigeant pour notre identité, la lutte contre le mondialisme libéral qui détruit nos emplois et nos peuples, et résistance contre la décadence. Dans mon esprit, cela signifie le rassemblement sans exclusives des régionalistes, comme des nationalistes et de ceux pour qui l'Europe de la puissance est la grande espérance. Il ne s'agit pas aujourd'hui de construire un parti, mais de fédérer des énergies dans le respect absolu des différentes sensibilités, dans le but de mener des réflexions et des actions communes. Notre milieu a besoin d'une véritable révolution culturelle. Le temps des invectives, des groupuscules détenteurs de la Vérite ou des provocateurs qui mettent en danger toute notre communauté doit être clos. Des modèles dans la presse nationale nous montrent la voie : Rivarol, dont je n'oublierai jamais qu'à l'âge de 16 ans il a profondément contribué à ma formation idéologique, le Choc du Mois de Jean-Marie Molitor et Bruno Larebière, excellent d'ouverture et de talent, et enfin la revue Synthèse Nationale (2), dirigée par mon ami Roland Hélie, qui donne la parole à toutes les composantes de notre mouvance.  

 

R. : S'agissant plus précisément de votre mouvement Alsace d'abord, pouvez-nous nous en rappeler brièvement l'historique, les grands axes de combat et quels sont vos projets dans l'avenir immédiat, tant sur le plan électoral que celui du domaine des idées et de la formation des cadres ?  

R.S. : J'ai été élu député FN en 1986. Je garde d'excellents souvenirs de cette époque, dont l'exaltante campagne présidentielle de 1988 pilotée par l'équipe de Bruno Mégret dont je faisais partie. J'ai quitté le FN en 1989, avec la quasi-totalité des cadres alsaciens, ne pouvant plus supporter les humiliations que notre fédération, une des plus dynamiques de France, avait eu à subir depuis la disparition tragique de Jean-Pierre Stirbois. J'étais aussi en profond désaccord avec la dérive de plus en plus jacobine (déjà) de Le Pen. Avec Jacques Cordonnier, nous avons crée Alsace d'Abord. Nous avons obtenu 2 élus et près de 6% des voix aux élections régionales de 1992. J'ai été réelu conseiller municipal de Strasbourg en 1995. Nous avons progressé en 1998 avec près de 7% et 3 élus au Conseil Régional. En 2001, la liste que je menais à Strasbourg atteignait 9,2% face à une liste FN à 7,5%. En 2004, aux élections régionales, nous avons enregistré la plus forte progression de tous les partis politiques alsaciens en frôlant la barre des 10%, tandis qu'aux cantonales Christian Chaton devenait notre premier conseiller général dans le Haut-Rhin. Alsace d'Abord veut plus de pouvoirs et de moyens pour la Région : Paris n'a pas à s'occuper de l'ouverture ou de la fermeture d'une maternité en Alsace ; l'enseignement des langues et de l'histoire locale doit être une compétence régionale, l'environnement et le développement économique tout autant. Nous voulons aussi la fusion des départements, héritages absurdes de la Révolution , et de la Région , gage d'économies et d'efficacité. Enfin, nous considérons que le bilinguisme doit être défendu car il représente une formidable richesse pour notre région tant sur le plan culturel qu'économique (3). Nous voulons qu'une partie des taxes et impôts alsaciens restent en Alsace afin de financer nos projets. Tous les TGV ont été intégralement payés par l'Etat alors que la ligne Paris-Strasbourg a été financée avec une lourde contribution de l'Alsace (300 millions d'euros)... le tout pour que la ligne grande vitesse s'arrête en Lorraine et que le "TGV" rejoigne Strasbourg au rythme d'un tortillard. Vous comprendrez pourquoi les Alsaciens ont quelque part l'impression qu'on se moque d'eux. Quant à nos projets, nous croyons en la nécessité de l'enracinement. Nous avons un conseiller général, une demi-douzaine de maires, des conseillers municipaux, mais il est évident qu'il nous faut encore progresser. Nous présenterons un maximum de listes aux prochaines municipales en Alsace. Je mènerai une liste Strasbourg d'Abord dont je souhaite qu’elle rassemble toutes les composantes identitaires. La formation joue aussi un rôle particulièrement important. A ce titre, Jeune Alsace (4), dirigée par Fabrice Lauffenburger, mène un effort incessant pour offrir à nos jeunes militants les fondamentaux sans lesquels aucune action ne peut s'inscrire dans l'efficacité et dans la durée.  

 

R. : Est-il selon vous possible d'éviter, ou en tout cas de dépasser, les querelles qui agitent nos milieux autour de la place, du rôle et de la nécessité de la nation, de la région, de l'Europe, bref de la question de la souveraineté et de l'identité ? Autrement dit peut-il y avoir union ou travail en commun entre les identitaires eurorégionalistes et les nationalistes français purs et durs ?  

R.S. : Il peut et il doit y avoir union de travail entre les régionalistes, les identitaires et les nationalistes. Nous avons les mêmes adversaires qui, eux, savent s'unir pour nous combattre. Je crois qu'il n'y a pas contradiction entre le sentiment d'appartenance à sa "petite Patrie", la Région , le sentiment national et l'idée européenne. Je récuse absolument le concept d'Etat Nation, invention de la Révolution Française. Je respecte la Nation en tant qu'"idée", comme la définissait Barrès : « La nation, c’est la possession d’un antique cimetière et la volonté de faire valoir cet héritage indivis.» Je crois au principe de subsidiarité. Que l'Etat, la Région , l'Europe s'occupent en priorité de leurs domaines de compétence et d'excellence. L'Europe n'a par ailleurs pas vocation à être un Etat Nation reproduisant toutes les tares du système jacobin français. L'Europe de la puissance que j'appelle de mes voeux n'est certainement pas celle des nains de Bruxelles. L'euro-régionalisme bruxellois, qui n'est ni européen ni régionaliste, ne correspond pas non plus à mon espérance.  

 

R. : Comment doit selon vous se positionner la droite nationale et radicale face à Nicolas Sarkozy et à sa très large majorité UMP ? Faut-il s'en rapprocher voire l'intégrer comme le fait Ph. de Villiers, continuer à distinguer entre la droite et la gauche comme le tente B. Mégret (qui avait appelé implicitement au vote Sarkozy le 6 mai dernier) ou au contraire être dans une opposition frontale et sans concessions ? Et comment s'opposer intelligemment et avec efficacité vu l'habileté du personnage et les moyens considérables dont il dispose ?  

R.S. : Collaboration signifie soumission. Intégration signifie désintégration. Quant aux termes de gauche et de droite, je les récuse l'un comme l'autre : nous devons représenter une nouvelle voie entre un capitalisme mondialiste et un socialisme de bourgeois et de dames patronnesses qui ont tous deux oublié de défendre notre peuple. Nous devons résister et dénoncer une imposture qui, demain, ne manquera pas d'apparaître en plein jour. Ceux qui se laisseraient tenter par la collaboration donneraient raison à Churchill qui disait : "Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre".  

 

Projet conçu et propos recueillis par Jérôme Bourbon

(1) http://robert-spieler.hautetfort.com/archive/2006/10/24/c...

(2) www.synthesenationale.com

(3) http://christian-chaton.hautetfort.com/archive/2007/06/30...

(4) www.jeune-alsace.com Robert Spieler

29.06.2007

Régime de semi-liberté pour Michel Lajoye

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On se rappelle que le 22 mars 2007 un jugement du Tribunal d’Application des Peines de Troyes avait enfin fait droit à la demande de Me Eric Delcroix, l’infatigable défenseur de Michel Lajoye, concernant sa demande de remise en liberté. Mais c’était sans compter sur la vigilance du parquet qui interjetait appel, trouvant sans doute que 7 000 journées derrière les barreaux, ce n’était pas assez cher payé. Michel Lajoye, qui n’ a pas une seule goutte de sang sur les mains, avait été condamné à la prison à perpétuité avec une peine incompressible de 18 ans minimum. Il était donc libérable en début d’année 2006 mais aura dû patienter pendant près de deux années supplémentaires.

On saura donc désormais que 7 000 jours d’enfermement, c’est le prix à payer pour avoir placé un pétard dans un café maghrébin qui ne fit aucune victime ; aucun des occupants n’ayant été blessé, aucun ne se porta partie civile. Avis aux amateurs ! Heureusement, il y a peu, la Cour d’Appel considérant l’absurdité de la situation pour le plus ancien prisonnier de France dans sa catégorie mettait fin à son calvaire.

Précisons toutefois que c’est un régime de semi-liberté pour la première année où Michel travaillera en semaine et devra soit revenir en prison les fins de semaine, soit y passer deux nuits par semaine, soit dormir tout le temps dehors et libre avec un bracelet électronique.

Au bout d’un an, le régime de Michel Lajoye évoluera en liberté conditionnelle pendant six ans, période durant laquelle il devra s’abstenir de tout militantisme politique.

Soulignons enfin que les conditions de cette libération n’auront pu être réunies que grâce aux centaines de soutiens des adhérents et sympathisants du CEPE, puisque plusieurs critères devaient être réunis : un emploi en CDI et un logement avec un loyer réglé d’avance.

Le CEPE en tant qu’ organisation caritative et humanitaire n’a pas à prendre position sur la nature des faits qui ont conduit un jeune Européen derrière les barreaux, mais le traitement judiciaire et carcéral hors de proportion avec les faits allégués nous interdisait de rester indifférents à son sort.

Aujourd’hui, à quarante ans, Michel Lajoye a conquis le droit de redémarrer dans la vie. Donnons lui en les moyens. Pour reprendre la formule d’un de ses plus ardents défenseurs : Michel Lajoye est un exemple, non pas pour ce qu’il a fait dans le passé, mais pour ce qu’il est aujourd’ hui au bout de vingt ans de détention.

N’oublions jamais qu’il a donné beaucoup de sa liberté, n’hésitons pas à lui donner un peu de notre argent.

La solidarité a un coût: rejoignez les adhérents du CEPE !

CEPE (préciser dans vos envois: pour Michel Lajoye)
BP 4-7187
30914 NÎMES Cedex

contact@cepe-liberte.com
http://www.cepe-liberte.com

29.05.2007

ORIENTATIONS POUR UNE DROITE IDENTITAIRE...

b6975e81ff44d93daa9ab655776ff9f5.jpgFabrice Robert, Président du Bloc identitaire (www.les-identitaires.com)

 

Militants identitaires, nous ne nous reconnaissons plus aujourd’hui dans ce qu’il est convenu d’appeler la droite nationale. Au-delà de la ligne politique, il existe aussi une rupture tant au niveau de la stratégie que des méthodes d’action.

Le temps est donc venu de développer un espace politique pour une droite identitaire sociale et européenne.

I. LIGNE POLITIQUE

La spécificité de la droite identitaire peut s’incarner à travers trois axes principaux :

1. L’Europe

Nous appelons de nos vœux la constitution d’une Europe politique, seule capable d’apporter à un monde déboussolé la stabilité et la paix qui lui font défaut. Cette autonomie de l’Europe est nécessaire pour peser face aux autres sphères civilisationnelles y compris outre-Atlantique. Nous défendons ainsi l’idée d’une France des régions dans une Europe des nations en mettant en avant le principe de subsidiarité et la défense des libertés locales.

Selon nous, il n’y a, en effet, pas de contradiction entre l’attachement à sa région, à sa patrie et à l’espérance d’une Europe de la puissance, libérées des énarchies républicaines et des scléroses bruxelloises.

2. Le social.

La gauche a toujours considéré le social comme son monopole, ce que la droite ne lui a que très rarement contesté. Or, c’est la droite qui puise son origine et ses racines dans une vision non purement matérialiste et quantitative de la vie et des rapports sociaux. De ce fait, c’est elle seule qui, par sa défense conjointe de l’ordre et de la justice sociale, peut véritablement enrayer le mouvement globalisant de la marchandisation du monde.

Agissant pour et au sein du peuple, nous voulons investir prioritairement l’action sociale. Loin des postures intellectuelles de certains, cette implication doit être réelle et concrète.

En défendant notre peuple contre les excès du libéralisme, nous sommes ceux qui aidons les nôtres avant les autres.

3. L’identité.

Face à un discours jacobin, ultra-républicain et assimilationniste, nous défendons une vision de l’homme enraciné dans ses communautés naturelles et historiques.

La notion de citoyenneté républicaine désincarnée - et sans relation avec la filiation et le sang - est en opposition totale avec notre vision de l’identité charnelle, enracinée et incarnée. Au concept de « L’idée France », nous opposons celui de la terre et des morts de Barrès.

Nous établissons donc un distinguo clair entre Identité organique et Identité nationale basée autour des valeurs républicaines.

Enfin, la droite identitaire s’incarne à travers la reconnaissance de trois niveaux d’identités. En tant qu’identitaires, nous nous appuyons sur notre identité régionale (identité charnelle), française (identité historique) et européenne (identité civilisationnelle).

II. MÉTHODES ET STRATÉGIES

Agir en réseau. Prenant acte de la lourdeur et du centralisme de certains appareils politiques parisiens, nous prônons le travail en réseau, plus souple, plus interactif et également plus respectueux des différentes sensibilités.

En fédérant des hommes, des projets, des compétences, il est possible de relancer une dynamique de l’action qui permet de refaire l’unité à la base. « Les mots divisent, l’action nous unit ».

Refus du tout-électoral et accent mis sur l’enracinement local. Il y a une vie avant, pendant et après les élections. Le combat électoral ne doit donc être qu’un moyen supplémentaire - au service de nos idées - et non pas une fin en soi. Le pouvoir ne se trouve pas uniquement dans les assemblées d’élus mais également dans des structures (associations, syndicats, etc.) et des outils (médias, réseau Internet, etc.) qui peuvent se transformer en véritables relais d’opinion. Il convient donc de faire une distinction entre LE pouvoir et LES pouvoirs.

Développement du travail dans le domaine associatif. Il faut investir massivement ce secteur occupé essentiellement par les militants de gauche. L’objectif est de bâtir un maillage du territoire avec des acteurs associatifs présents dans les domaines les plus divers (social, environnement, culture, traditions, solidarité, etc.) et qui pourront bénéficier des subventions publiques.

Centrale d’agitation. En organisant des actions de sensibilisation de l’opinion (autrement appelées opérations de lobbying), il est possible de redevenir acteur de résistance, d’imposer des concepts dans les champs politiques et médiatiques et donc participer au déplacement du centre de gravité de la politique française.

Action métapolitique. Le pouvoir se prend aussi par la conquête des esprits. Il est nécessaire de développer des projets de type métapolitique qui permettent d’attirer des personnes qui ne viendront jamais à l’action politique par le militantisme classique. L’objectif est alors d’agir sur la perception qu’ont les individus du monde et de la société dans laquelle ils vivent afin de créer des courants d’opinion favorables au combat mené par les mouvements politiques enracinés.

Ce Gramscisme de droite peut s’illustrer à travers diverses formes d’expression : littérature, bande dessinée, peinture, musique, web, etc.

Pragmatiques car non dogmatiques. Nous sommes une génération lasse des grands discours et des belles promesses, des Tables de la Loi et des « petits livres » quellle que soit la couleur de ceux-ci. Nous sommes une génération qui ne croit plus aux théories fumeuses, aux solutions miracles, aux doctrines toutes faites ni aux hommes providentiels. Nous sommes une génération qui, si elle sait toujours que « demain lui appartient », entend bien obtenir l’usufruit d’aujourd’hui.

Hic et Nunc. Notre credo ? Ici et maintenant. Du concret, du tangible, du réel. Pas de blablas : des résultats. Nous revendiquons la nécessité d’occuper le terrain en permanence. Face à ceux qui évoquent le grand soir, nous privilégions la mise en place d’actions concrètes à notre niveau. Chaque petite victoire représente alors une reconquête partielle du territoire et de nos libertés.

III. QUE FAIRE ?

Les militants de la droite identitaire ne sont plus/pas nationaux ou nationalistes et s’ils travaillent en-dehors des partis de la droite nationale, c’est tout simplement qu’ils entendent promouvoir d’autres positions et d’autres méthodes. Celles-ci peuvent parfois apparaître complémentaires mais également antagonistes.

Il est en tout cas aujourd’hui important pour eux de pouvoir tracer leur voie propre, y compris (dans une certaine mesure, liée soit à l’implantation locale, soit à la portée symbolique) par la voie électorale.

L’objectif est donc bien de développer un espace identitaire dans l’arène politique française. Cet espace mêlant identité, solidarité, écologie, réflexion institutionnelle, défense de la démocratie participative et des libertés locales, fait d’initiatives politiques, associatives, culturelles, incarnerait la véritable alternative, cohérente et efficiente, au rouleau compresseur mondialiste, loin des utopies cosmopolites et laxistes des « altermondialistes » qui ne souhaitent que remplacer une mondialisation par une autre.

Que serait Le FN sans Dreux ? Aujourd’hui, la droite identitaire doit aussi disposer d’une ou de plusieurs vitrines qui pourront symboliser son savoir-faire et sa spécificité. Des fondations ont déjà été posées, notamment en Alsace et dans le pays Niçois. Nous devons travailler à l’obtention d’un « Dreux identitaire ».

Rassembler ceux qui se reconnaissent sincèrement dans notre démarche, tel doit être l’axe autour duquel doivent se retrouver ceux qui veulent participer au développement de cette droite identitaire.

10.05.2007

LA REPENTANCE, UNE RELIGION REPUBLICAINE......

medium_Synthese_logo.JPGNous vous proposons ici l'article de Chantal Spieler publié dans le n°3 (printemps 2007) de la revue Synthèse nationale : 

20 juin 2006 : Jacques Chirac inaugure à grands frais le musée du quai Branly (que j’ai pris la peine de visiter pour ne pas mourir idiote… Idiote je resterai.) Après Pompidou et le Centre Beaubourg, Mitterrand et la pyramide du Louvre ou la très grande bibliothèque, Jacques Chirac se rappellera à notre bon souvenir par sa collection de grigris et d’amulettes. Mais ce n’est pas le plus grave.

Son discours inaugural nous a surtout gratifié d’une impressionnante démonstration d’ethno-masochisme dont il a le secret. Morceaux choisis : il s’agit « pour la France, de rendre l’hommage qui leur est dû à des peuples auxquels, au fil des âges, l’histoire a trop souvent fait violence. Peuples brutalisés, exterminés par des conquérants avides et brutaux. Peuples humiliés et méprisés, auxquels on allait jusqu’à dénier qu’ils eussent une histoire ». On en reste comme deux ronds de flan !

Ruminons ensemble et baissons la tête pour mieux nous imprégner de ce concept de première nécessité destiné à karchériser notre mémoire collective : la repentance. Un exercice de style qui désigne la France comme un pays composé d’infâmes esclavagistes adeptes de la torture. Sans oublier de rappeler au Français de souche de s’excuser d’être blanc, sa « blanchitude » étant intrinsèquement liée à l’évident sentiment raciste qui habite son âme défigurée de xénophobie. Comme ça, c’est fait !

L’esclavage ou le culte de l’Europe coupable

Pascal Bruckner, dans son ouvrage La tyrannie de la repentance : essai sur le masochisme occidental (1), décrit tout cela avec pertinence : « De toutes les nations, la France est celle qui incarne à l’outrance les maladies de l’Europe. A la faute de la collaboration, la France ajoute celle de la colonisation et de l’esclavage ».

Avec l’instauration d’une journée de commémoration de l’esclavage, le 10 mai, décidée par Chirac et qu’il justifie comme étant  une reconnaissance de « la part d’ombre de notre histoire », allons-nous nous sentir tout revigorés par cette expiation rédemptrice ?

Et si l’idée nous prenait, après tout, de demander réparation auprès de l’Algérie, de la Tunisie et du Maroc ? Alger, Tunis, Meknès et le million d’esclaves blancs enlevés par les barbaresques en trois siècles… Un souvenir qui semble échapper au tri victimaire pratiqué par certains historiens  peu scrupuleux qui tripatouillent notre histoire sans crainte d’être dérangés.

Faut-il rappeler que le monde musulman a été le plus grand importateur d’esclaves razziés en Asie et en Europe ? Et que les traites musulmanes entre la fin du VIIème siècle et le XIXème siècle ont été très largement supérieures en nombre aux traites européennes ? Quant aux dizaines de milliers d’esclaves de la traite atlantique, c’était aussi l’affaire de négriers noirs. Et, comme il est parfois difficile de se débarrasser de ses vilaines manies, l’esclavage sévit toujours dans certains pays d’Afrique malgré son interdiction légale (Niger, Soudan, Mauritanie et quelques autres encore).

Si l’Europe chrétienne a pratiqué l’esclavage, c’est elle aussi qui l’a aboli au XIXème siècle à la faveur de la colonisation. Daniel Lefeuvre, dans son essai Pour en finir avec la repentance coloniale (2), dénonce ce procédé qui tend à renvoyer les difficultés de développement de nos anciennes colonies par l’exploitation qui en a été faite par nos soins.

Evénements d’Algérie : quand « repentir » rime avec « dommages et intérêts »

Pour bien comprendre le mécanisme implacable qui consiste à alimenter notre repentir, arrêtons-nous un instant sur un dossier instructif en la matière, l’affaire des tortures en Algérie.

Le 25 novembre 2000, les députés communistes réclament une commission d’enquête sur les « tortures et les crimes contre l’humanité » perpétrés par la France en Algérie. Lionel Jospin, alors Premier ministre, considère que « le conflit colonial ne relève pas d’un acte de repentance collective, ni de procédures judiciaires ». L’affaire est classée. C’est alors que surgit, tel un diable sorti de sa boîte, un Général Aussaresses au méa-culpa sonore qui s’accuse d’avoir participé à des exécutions sommaires. Une ou deux thèses d’historiens plus tard, même si celles-ci font l’objet de débats controversés, l’affaire est relancée. Le manifeste des généraux ayant servi en Algérie, qui admet certaines dérives qui restent marginales, et qui dénonce dans le même temps les crimes et massacres des populations civiles algériennes et européennes par le FLN, tombe à plat. La meute est lancée. Le drame humain lié à la fin de la guerre d’Algérie, qui conduisit des officiers français à abandonner ceux qui leur faisaient confiance, est balayé par les propos insultants du Président Bouteflika en villégiature médicale sur notre sol. Lorsqu’il compare l’action de la France en Algérie à l’occupation nazie en Europe, lorsqu’il déclare que « la colonisation a réalisé un génocide de notre identité », la bienséance imposée par les pleutres qui font l’opinion chez nous ordonne de taire notre légitime indignation. Ce que nous faisons.

L’Algérie et ses moines français assassinés et aussitôt oubliés. L’Algérie qui interdit l’apostolat chrétien sur son sol et qui prévoit désormais des amendes et peines de prison contre toute personne qui tenterait de convertir un musulman à une autre religion. L’Algérie qui prétend défendre la réconciliation entre nos deux pays trouve, dans notre absence coupable de réaction, un terreau malléable fort opportun en terme de flux migratoire. Et le film Indigènes, arrivé à point nommé sur nos écrans, sera l’estampille de notre calamiteuse allégeance.

Les lois mémorielles,  instrument mortifère.

L’abrogation de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 qui mentionnait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord », aura donné l’occasion aux lobbies communautaristes de promouvoir l’art du raccourci : la fracture coloniale, responsable du mal des banlieues !... Jean-Louis Debré, alors encore Président de l’Assemblée nationale, justifie ainsi l’abrogation de cet article : « Ce n’est pas à la loi de porter un jugement sur des faits historiques. Ce n’est pas au législateur de fixer le contenu des programmes scolaires ». Sa quête de justice historique s’arrête là. La logique de ce raisonnement aurait dû le conduire à envisager l’abrogation des lois Gayssot et Taubira (mais là on s’égare dans de la politique-fiction).

Robert Spieler, qui a été député (3) et qui sait de quoi il parle, désigne l’Assemblée nationale comme « une chambre de bavardages inutiles ». Démonstration : le parlement a été, au printemps dernier, le théâtre d’un manège affligeant de la part du gouvernement qui a essayé d’empêcher le vote d’une proposition de loi visant à sanctionner la négation du génocide arménien. Philippe Douste-Blazy nous a alors épaté par sa capacité à découper le dogme négationniste à la tronçonneuse quand il s’agissait de rester dans les petits papiers de ses amis turcs.

On vient de le voir, les lois mémorielles veillent au grain.

Pourtant, quelques historiens et juristes récalcitrants tentent de se rebeller.

Le 13 décembre 2005, c’est la création par René Rémond et quelques historiens de renom, dont Pierre Vidal-Naquet, Alain Decaux ou encore Elisabeth Badinter, de l’association « Liberté pour l’histoire ». « Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l’appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs », ils rappellent que « l’histoire n’est pas la morale, que l’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner, il explique… Dans un Etat libre, il n’appartient ni au parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique ». Et ils demandent l’abrogation des dispositions législatives qui sont une violation à ces principes démocratiques.

Le 21 novembre 2006, 56 juristes demandent l’abrogation des lois mémorielles qu’ils accusent de violer la Constitution dans ses articles 34 et 37. En soumettant le législateur à la pression des lobbies communautaristes, elles reflètent à leurs yeux un abus de pouvoir visant « soit à interdire la manifestation d’opinions, soit à écrire l’histoire ».

Cela suffira t-il à sortir nos dirigeants de cet autisme qui accable leurs consciences dénaturées ? Lorsque l’on refuse de commémorer le bicentenaire de la victoire d’Austerlitz, lorsque l’on célèbre chaque année les accords d’Evian du 19 mars 1962 en occultant soigneusement le massacre de la rue d’Isly survenu 8 jours plus tard, lorsque l’évocation du génocide vendéen par les colonnes infernales de Turreau fait tousser la République, lorsque l’on veut condamner la SNCF en l’accusant d’avoir servi d’agence de voyage au régime nazi (affaire Lipietz), le sentiment qui nous anime a un goût amer.

Il serait pourtant si simple d’admettre que notre histoire ne se découpe pas en strates classifiées, qu’elle s’appréhende dans sa globalité, avec ses grands hommes, ses conquêtes, ses drames et ses misères, qu’elle a façonné notre miracle civilisationnel et qu’elle nous guide par ses enseignements, vers un idéal de justice et de paix.

« Le désespoir en politique est une sottise », affirmait Charles Maurras.

Puisse l’avenir lui donner raison.

Chantal Spieler

(1) La tyrannie de la repentance : essai sur le masochisme occidental, Pascal Bruckner, Grasset et Fasquelle, 2006, 258 pages.

(2) Pour en finir avec la repentance coloniale, Daniel Lefeuvre, Flammarion, 2006, 229 pages.  

(3) Robert Spieler fut député (Front national) du Bas-Rhin de 1986 à 1988 et Conseiller régional d’Alsace de 1986 à 2004.