29.01.2008
A QUOI SERT LA CROISSANCE ?
A voir Sarkozy sautiller en permanence à propos de la croissance, on finirait par penser que c’est une préoccupation obsessionnelle depuis qu’il est petit.
Chargé par le Président de la difficile quête du graal, Jacques Attali aurait, dit-on dans certains cercles, trouvé la précieuse hormone de croissance pour notre économie. Il l’a enfermée dans une clé USB rouge qu’il s’est empressé de porter, avec les solennités d’usage, à son commanditaire élyséen.
Un pas vers le Bonheur National Brut ?
Pour contrecarrer à l’avance la critique sur la dérive ultralibérale de son travail, l’ancien sherpa de la Mitterrandie avait sorti pour l’occasion sa plus belle chemise à col Mao. Pour plaire au président, il l’avait choisie dans les tons dorés. La presse était là. Les grands groupes jubilaient. Unanimisme et œcuménisme fleurissaient sous les lambris républicains Dérégulation et immigration devenaient le sésame pour le bonheur.
Incrédulité et inquiétude
Les Français, échaudés par la stérilité avérée des promesses de Nicolas Sarkozy sur leur pouvoir d‘achat, ont regardé ce spectacle avec un mélange d’incrédulité et d’inquiétude. Avec Nicolas Sarkozy, tout devient effectivement possible, même autoriser quelques économaniaques à inscrire très officiellement l’économie comme une fin en soi : la croissance pour de la croissance, la glorification d’un système productiviste et mercantile dans lequel les personnes ne sont envisagées que comme agents de production ou de consommation.
Rapport Attali : une double supercherie
Il y a une première supercherie à faire croire que la liberté totale est source de bonheur. Avec Henri Lacordaire, on sait depuis longtemps qu’ « entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » L’organisation sociale dans laquelle l’Etat abdiquerait son rôle régulateur ne s’appelle plus la communauté nationale mais la jungle. Supplantée par les lois du marché, la démocratie, c’est à dire le pouvoir du peuple, est vouée à disparaître. Selon l’expression de JC Guillebaud, le marché est « un empire sans empereur » qui se développe, se déploie, s’étend, emporté par des mécanismes objectifs indépendants de la volonté humaine. La deuxième supercherie consiste à accréditer l’idée que la concurrence sauvage protège le consommateur : or, tout le monde sait que les grandes surfaces en qui Attali place ses espoirs, ne défendent pas le consommateur mais leurs marges. Le laisser faire en la matière conduit inévitablement au règne des oligopoles.
Libérer la croissance mais asservir les individus
L’économie comme la croissance n’ont de sens que si elles profitent aux personnes ou au Pays. Aucun système intellectuel et surtout pas économique ne vaut d’être entretenu pour lui-même. C’est encore plus vrai lorsqu’il ne vise qu’aux bénéfices de quelques groupes multinationaux.
Le vice initial de la construction sarkozo-attalesque est d’inscrire la France au marathon épuisant de la mondialisation avec les règles des pays émergents. Ils condamnent ainsi les Français à devoir produire toujours plus et toujours moins cher. A défaut de systèmes de régulation fiscale, sociale et douanière, nous ne trouverons, dans ce petit jeu truqué, ni le salut ni la grandeur, mais l’asservissement.
Olivier Carer - Altermedia
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Les apprentis sorciers de l’économisme fou
L’acteur de sitcom qui occupe actuellement le poste de président de la république n’est plus à une incohérence près. Ainsi il n’hésite pas à évoquer la nécessité d’une « politique de civilisation » tout en s’engageant à suivre les recommandations de la fameuse « Commission Attali » dont le but est justement de détruire les derniers vestiges de civilisation qui brident encore la boulimie financière de l’économie mondialisée. Car ne nous y trompons pas, le vocable « libération de la croissance » signifie bel et bien « disparition de tout ce qui peut représenter une borne, un aménagement ou un frein à la barbarie marchande devenue horizon incontestable et indépassable de l’existence humaine. ».
En effet, maintenant que l’on a bien amusé les gogos avec le grand cirque démagogique du « grenelle de l’environnement », nos dirigeants peuvent revenir aux choses sérieuses : le culte de la consommation et le délire productiviste.
L’aberrante proposition de relancer l’immigration pour satisfaire les besoins de main d’œuvre, formulée par l’aréopage mondialisto-libéral cornaqué par Attali, est tout à fait révélatrice du système de pensée de ces dangereux technocrates. Pour eux il n’y a pas d’êtres humains, fruits d’une tradition et d’un environnement, attachés à une terre, un mode de vie et une histoire, il n’y a que des chiffres dans des colonnes. Ils constatent dans leur bilan comptable qu’il manque 2000 ouvriers en Bretagne ? Qu’à cela ne tienne ! Prenons 2000 paires de bras à Ouagadoudou et transplantons-les dans la banlieue de Lorient ! L’opération arithmétique est équilibrée, donc tout va bien. Et peu importe le déracinement, les chocs culturels, les incompatibilités identitaires… Peu importe également les coûts et dommages « collatéraux » (infrastructures d’accueil, prise en charge médicale et éducative, gestion policière et judiciaire de la délinquance…) qui seront de toute façon assumés par la collectivité publique et non par les intérêts privés… Seule compte la satisfaction des besoins du Capital. C’est l’unique et obsessionnelle préoccupation de ces nouveaux négriers. Face aux délires de ces apprentis sorciers stipendiés par les multinationales déshumanisées, face à l’incroyable complicité active des organisations gauchistes qui leur servent la soupe par leur activisme pro-immigrationniste, les militants identitaires, eux, refusent cette logique suicidaire et s’engagent avec la plus grande ferveur pour de droit sacré de chacun de vivre et travailler au pays ! La diversité du monde et son équilibre ne peuvent se passer de cette exigence minimale.
Par ailleurs, nous qui croulons déjà sous les biens matériels inutiles et coûteux qui nous enchaînent et nous abrutissent, nous savons bien que l’avenir ne passe pas par l’utopie dégénérée d’une croissance permanente et infinie, véritable course à l’abîme, mais tout au contraire par un retour au sens de la mesure, de la simplicité, par une relocalisation et une frugalité choisie.
Pierre CHATOV (source : Novopress)
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