« Venez nombreux ! | Page d'accueil | Le succès de la Ligue du nord va contraindre Berlusconi à une radicalisation »
12.04.2008
Mondialisation : la déstabilisation planétaire
Par Olivier Carer
Avec la généralisation des valeurs individualistes et consuméristes, l’effondrement des sociétés traditionnelles partout dans le monde, l’hyperproductivisme industriel, le triomphe de l’argent roi, la spéculation financière sur les matières premières, la spécialisation des productions par zones géographiques mondiales, l’explosion du coût de l’énergie et des pollutions, … n’est-on pas en train d’atteindre le point de rupture du modèle globalisé ? Même B. Kouchner et ses amis le reconnaissent à demi-mots dans les colonnes de Libération lorsqu’ils exhortent prétentieusement le monde à « remettre la mondialisation à l’endroit ».
Mondialisation = tiersmondisation
Sous l’effet conjugué du libre échangisme mondial et des flux démographiques non maîtrisés, la France se tiers-mondise, les bidonvilles font leur réapparition aux abords de nos villes et sous les échangeurs d’autoroutes, les classes moyennes glissent insensiblement vers la pauvreté, un nouveau prolétariat urbain et rural regroupe dans la misère collective et le mépris social les émigrés de l’intérieur que sont les exclus de la mondialisation.
Vers le chaos alimentaire
Et parce que l’appauvrissement des uns ne fait pas forcément le bonheur des autres, dans les pays du tiers monde, les émeutes de la faim se généralisent sur tous les continents. Avec le mondialisme, le monde renoue avec la famine comme avant l’éradication du communisme. A Mexico, l’augmentation du prix des tortillas jette les gens dans la rue. L’envolée du prix du pain provoque des émeutes en Egypte et l’augmentation du mil suscite des grèves au Burkina Faso. La distribution de riz aux Philippines se fait sous la protection de l’armée. Au Yémen, des marches de la faim d’enfants sont organisées. La population manifeste au Sénégal, au Cameroun ou en Côte d’Ivoire, autrefois prospères. En Haïti, pays englué dans un sous développement chronique malgré ou peut-être à cause d’une décolonisation multiséculaire, les hausses de prix provoquent une situation quasi insurrectionnelle. Dans plus de 30 pays sous développés, la foule est poussée dans la rue par une hausse de 45 à 100 % des denrées alimentaires avec, pour ces états et pour le monde, des conséquences politiques incalculables.
Sortir d’une logique mortifère
De son côté, avec une constance déroutante, l’Union Européenne alimente politiquement ce processus démentiel de dérégulation généralisée avec la vision britano-Sarkozyste d’une « Europe mondiale ». Ignorant que le défi du XXI ème siècle sera essentiellement alimentaire, Bruxelles démantèle notre pêche et saborde notre agriculture. Une armée de technocrates coûteux continuent d’y subventionner la destruction des «excédents » agricoles, d’ordonner la mise en jachère autoritaire de terres cultivables, de contingenter les productions laitières ou de restreindre l’élevage. La Chine, grande bénéficiaire dans un premier temps de l’ouverture généralisée des marchés, commence à laisser le cours de sa monnaie s’apprécier. Cette modification de sa politique monétaire annonce pour l’ensemble de ses clients -notamment européens- un retour de l’inflation et avec lui une nouvelle baisse de pouvoir d’achat et donc de niveau de vie.
Les peuples contre l’élite mondiale
On le comprend, à ce stade d’évolution du cancer mondialiste, l’enjeu pour les peuples n’est plus seulement économique mais, parce qu’il est alimentaire, sécuritaire, migratoire, géopolitique, il est devenu vital. Face à la véritable déstabilisation planétaire dont sont responsables les apprentis sorciers du mondialisme, l’analyse prémonitoire et les avertissements déjà anciens des nationaux sur l’horreur de la globalisation et le mythe de la « mondialisation heureuse », sont plus que jamais d’actualité.
14:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mondialisation, france, politique, altermédia




Les commentaires sont fermés.