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30.08.2007

Mémoire et futur

 source : Novopress

Editorial du numéro 10 d’ID Mag (S’abonner)

Les Identitaires et, plus largement, toutes les personnes soucieuses de connaître et de défendre leurs racines et les fondements de leur culture sont souvent taxés de « passéisme » ou de « nostalgie ».

La promotion des modèles traditionnels qui ont fondé notre civilisation et la volonté d’en préserver la spécificité seraient ainsi le fruit d’une frilosité face à l’avenir et d’une frustration vis-à-vis d’un présent auquel on ne parviendrait pas à convenablement « s’intégrer ».

En dehors du fait qu’avoir des difficultés « d’intégration » dans la caricature de société, totalement anomique et hystériquement matérialiste, qu’est devenu le monde moderne, serait plutôt un signe de bonne santé mentale, rien n’est plus erroné que cette analyse simpliste réduisant le militant identitaire à un rétrograde angoissé rêvant d’un hypothétique retour à un « âge d’or » fantasmé.

Bien au contraire, si l’identitaire est tant soucieux de ses origines, de son essence et de la richesse de son histoire ce n’est pas pour s’enfermer dans une confortable tour d’ivoire muséifiée mais pour puiser dans cet héritage les forces et les matériaux pour bâtir un avenir et un futur conformes à sa nature.

Conscient que l’identité, comme l’a explicité Alain de Benoist dans son dernier ouvrage*, n’est pas « ce qui ne change jamais » mais « une manière spécifique de changer », l’identitaire se tient à égale distance du conservateur, qui veut tout garder même ce qui est mauvais, et du progressiste, qui veut tout changer même ce qui est bon.

L’identitaire souhaite renouer les liens brisés de la plus longue mémoire, affronter les défis de demain non pas avec les armes en fer blanc forgées par une multinationale anonyme mais avec les outils conçus par son âme et issus de son sang, ceux qui font l’originalité et la valeur de chaque peuple et, par là, la richesse du monde.

Ainsi, les ruptures radicales avec la modernité et ses errements nihilistes (surconsommation, individualisme, hédonisme névrotique, cosmopolitisme, indifférenciation…) qui s’imposent aujourd’hui ne sont nullement des « replis passéistes » mais tout à l’inverse les seules voies permettant d’espérer assurer à nos enfants un avenir autre que celui, au choix, de clone lobotomisé programmé pour l’achat ou de néo-intouchable esclave d’un obscurantisme islamisé.

C’est cet avenir, porteur de nombreuses menaces et de drames profonds mais aussi de formidables espérances, que nous évoquons dans le dossier de ce nouveau numéro.

Pierre Chatov

*Alain de Benoist, « Nous et les Autres. Problématique de l’identité. » Editions Krisis.

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Mourir pour Sarkozy, Bush et les lobbies ?

ad6e13bf956858c974c66bcc2960e44a.jpgSarkozy vient de tenir une tonitruante conférence de presse annonçant que si l’Iran persistait dans son effort nucléaire, elle subirait les bombardements des forces aériennes. Sarkozy entend par ses propos des frappes françaises, et sans doute anglaises, américaines et israéliennes sur les centrales nucléaires civiles iraniennes.

Pour l’instant, l’Iran ne dispose pas, contrairement à des « démocraties » comme la Corée du Nord et le Pakistan ou de « super-démocraties » telles les Etats-Unis ou Israël, de l’arme atomique. Chacun sait que cette arme est essentiellement dissuasive, les seuls l’ayant employée de façon offensive étant les Américains qui ont vitrifié Hiroshima et Nagasaki, entraînant des dizaines de milliers de morts civils innocents, sans qu’aucun procès ne leur fût jamais intenté pour crime contre l’humanité.

Sarkozy est-il devenu fou ? Le docteur Folamour de l’Elysée, à peine sorti de ses vacances de jet setter et d’un déjeuner avec Bush, menace d’entraîner la France dans une aventure redoutable.

L’Iran n’est pas l’Irak. Nous constatons en Irak les conséquences dramatiques d’une guerre imbécile suscitée par les conservateurs américains liés aux intérêts des lobbies pétroliers et autres, et soutenue par certains de leurs caniches européens.

Les conséquences d’une guerre avec l’Iran seraient infiniment plus graves et mettraient le feu d’Allah à la France et à l’Europe.

Je ne crains pas une guerre juste et nécessaire si les intérêts de la France et de l’Europe sont en jeu. Mais je refuse que le moindre soldat ou aviateur français meure dans une folle aventure qui ne nous concerne pas.

Aujourd’hui l’Iran et demain la Corée ? Ceux qui ont voté Sarkozy savaient-ils qu’ils feraient de la France un nouvel Etat croupion à la botte de l’Amérique ?

 

 

Robert Spieler

28.08.2007

Turquie : Sarkozy se couche...

f03756a73c3617448b8c9668b4db207b.jpgSarkozy avait réussi à attirer à lui une part importante de l’électorat « national » en affirmant haut et fort qu’il s’opposait à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne , « la Turquie n’étant pas européenne ».

Il vient de déclarer aujourd’hui, alors que le parlement turc vient de porter à la présidence de la République un islamiste inconditionnel « qu’il ne s’opposait pas à la poursuite des négociations avec Ankara »

Il est vrai que Sarkozy vient d’avoir l’immense honneur d’être invité par Bush à déjeuner.

Il est vrai que les Etats-Unis et Israël ont toujours oeuvré pour l’intégration de la Turquie dans l’Union Européenne.

Il est vrai que l’intégration de la Turquie dans l’U.E  signifierait la mort de l’Europe de la puissance.

A votre avis, pour qui roule Sarkozy ?

Robert Spieler

09.08.2007

Mais à quoi joue Le Pen ? A quoi sert encore le FN ?

9241efbe58d576f7a450d7682bc5c285.jpgLe Pen Sarkozyste ? On pouvait le croire en écoutant ses commentaires sur RTL, mardi 7 août : Sarkozy tient « un certain nombre de ses promesses électorales. Chacune de ses actions est mûrement réfléchie, pesée, très bien informée et jusqu’ici assez bien réalisée, il faut le dire ». Le Pen n’hésite pas à lui trouver « un certain charme ».

Quelles promesses électorales Sarkozy à t-il tenues ?

 - Le micro traité européen ? Il n’a pourtant pas osé évoquer, malgré ses précédentes rodomontades, son « opposition » à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.

- L’avancée de son projet « d’union méditerranéenne » qui l’a amené à se rendre en Algérie saluer son « ami » Bouteflika et en Lybie vendre des missiles pour des milliards d’euros au dictateur fou Khadafi ?

- Quant à ses vacances pour multimilliardaire aux Etats-Unis, on y retrouve là le symbole de ses accointances avec le grand capital mondialiste…

Certes, Sarkozy est en train de tenir ses promesses à l’égard des plus riches, et Le Pen n’y trouve évidemment rien à y redire.

Or, en politique, le principe absolu, si l’on souhaite vaincre, est, comme l’a démontré Julien Freund, de désigner l’ennemi et de le combattre. Lorsque l’on encense l’adversaire, les éloges, fussent-ils même justifiés, le renforcent tout en décourageant et en désespérant nos propres troupes : la défaite est certaine. Relisons à cet égard Sun Tzu (de l’art de la guerre), qui analyse les diverses façons de vaincre, sans même avoir à combattre.

Si une élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, gageons que Le Pen n’atteindrait pas 5%. Tant de combats, de dévouements militants, de sacrifices pour en arriver là… Tout ça pour ça …

Le fait que Le Pen ait été reçu à l’Elysée le 20 juin, jour de son anniversaire, aura t-il suffi pour transformer le lion en agneau ? Espère t-il obtenir un strapontin au gouvernement pour sa fille Marine ? Perspective absurde.

Laissons la cruelle conclusion à Christophe Forcari, de Libération : « Ainsi, après avoir fait main basse sur près d’un million d’électeurs lepénistes, Sarkozy parvient même à ôter à Le Pen sa virulence habituelle, visiblement amadoué après une simple visite à l’Elysée ».

A quoi sert encore le Front National ?

Robert Spieler

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