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29.05.2007

ORIENTATIONS POUR UNE DROITE IDENTITAIRE...

b6975e81ff44d93daa9ab655776ff9f5.jpgFabrice Robert, Président du Bloc identitaire (www.les-identitaires.com)

 

Militants identitaires, nous ne nous reconnaissons plus aujourd’hui dans ce qu’il est convenu d’appeler la droite nationale. Au-delà de la ligne politique, il existe aussi une rupture tant au niveau de la stratégie que des méthodes d’action.

Le temps est donc venu de développer un espace politique pour une droite identitaire sociale et européenne.

I. LIGNE POLITIQUE

La spécificité de la droite identitaire peut s’incarner à travers trois axes principaux :

1. L’Europe

Nous appelons de nos vœux la constitution d’une Europe politique, seule capable d’apporter à un monde déboussolé la stabilité et la paix qui lui font défaut. Cette autonomie de l’Europe est nécessaire pour peser face aux autres sphères civilisationnelles y compris outre-Atlantique. Nous défendons ainsi l’idée d’une France des régions dans une Europe des nations en mettant en avant le principe de subsidiarité et la défense des libertés locales.

Selon nous, il n’y a, en effet, pas de contradiction entre l’attachement à sa région, à sa patrie et à l’espérance d’une Europe de la puissance, libérées des énarchies républicaines et des scléroses bruxelloises.

2. Le social.

La gauche a toujours considéré le social comme son monopole, ce que la droite ne lui a que très rarement contesté. Or, c’est la droite qui puise son origine et ses racines dans une vision non purement matérialiste et quantitative de la vie et des rapports sociaux. De ce fait, c’est elle seule qui, par sa défense conjointe de l’ordre et de la justice sociale, peut véritablement enrayer le mouvement globalisant de la marchandisation du monde.

Agissant pour et au sein du peuple, nous voulons investir prioritairement l’action sociale. Loin des postures intellectuelles de certains, cette implication doit être réelle et concrète.

En défendant notre peuple contre les excès du libéralisme, nous sommes ceux qui aidons les nôtres avant les autres.

3. L’identité.

Face à un discours jacobin, ultra-républicain et assimilationniste, nous défendons une vision de l’homme enraciné dans ses communautés naturelles et historiques.

La notion de citoyenneté républicaine désincarnée - et sans relation avec la filiation et le sang - est en opposition totale avec notre vision de l’identité charnelle, enracinée et incarnée. Au concept de « L’idée France », nous opposons celui de la terre et des morts de Barrès.

Nous établissons donc un distinguo clair entre Identité organique et Identité nationale basée autour des valeurs républicaines.

Enfin, la droite identitaire s’incarne à travers la reconnaissance de trois niveaux d’identités. En tant qu’identitaires, nous nous appuyons sur notre identité régionale (identité charnelle), française (identité historique) et européenne (identité civilisationnelle).

II. MÉTHODES ET STRATÉGIES

Agir en réseau. Prenant acte de la lourdeur et du centralisme de certains appareils politiques parisiens, nous prônons le travail en réseau, plus souple, plus interactif et également plus respectueux des différentes sensibilités.

En fédérant des hommes, des projets, des compétences, il est possible de relancer une dynamique de l’action qui permet de refaire l’unité à la base. « Les mots divisent, l’action nous unit ».

Refus du tout-électoral et accent mis sur l’enracinement local. Il y a une vie avant, pendant et après les élections. Le combat électoral ne doit donc être qu’un moyen supplémentaire - au service de nos idées - et non pas une fin en soi. Le pouvoir ne se trouve pas uniquement dans les assemblées d’élus mais également dans des structures (associations, syndicats, etc.) et des outils (médias, réseau Internet, etc.) qui peuvent se transformer en véritables relais d’opinion. Il convient donc de faire une distinction entre LE pouvoir et LES pouvoirs.

Développement du travail dans le domaine associatif. Il faut investir massivement ce secteur occupé essentiellement par les militants de gauche. L’objectif est de bâtir un maillage du territoire avec des acteurs associatifs présents dans les domaines les plus divers (social, environnement, culture, traditions, solidarité, etc.) et qui pourront bénéficier des subventions publiques.

Centrale d’agitation. En organisant des actions de sensibilisation de l’opinion (autrement appelées opérations de lobbying), il est possible de redevenir acteur de résistance, d’imposer des concepts dans les champs politiques et médiatiques et donc participer au déplacement du centre de gravité de la politique française.

Action métapolitique. Le pouvoir se prend aussi par la conquête des esprits. Il est nécessaire de développer des projets de type métapolitique qui permettent d’attirer des personnes qui ne viendront jamais à l’action politique par le militantisme classique. L’objectif est alors d’agir sur la perception qu’ont les individus du monde et de la société dans laquelle ils vivent afin de créer des courants d’opinion favorables au combat mené par les mouvements politiques enracinés.

Ce Gramscisme de droite peut s’illustrer à travers diverses formes d’expression : littérature, bande dessinée, peinture, musique, web, etc.

Pragmatiques car non dogmatiques. Nous sommes une génération lasse des grands discours et des belles promesses, des Tables de la Loi et des « petits livres » quellle que soit la couleur de ceux-ci. Nous sommes une génération qui ne croit plus aux théories fumeuses, aux solutions miracles, aux doctrines toutes faites ni aux hommes providentiels. Nous sommes une génération qui, si elle sait toujours que « demain lui appartient », entend bien obtenir l’usufruit d’aujourd’hui.

Hic et Nunc. Notre credo ? Ici et maintenant. Du concret, du tangible, du réel. Pas de blablas : des résultats. Nous revendiquons la nécessité d’occuper le terrain en permanence. Face à ceux qui évoquent le grand soir, nous privilégions la mise en place d’actions concrètes à notre niveau. Chaque petite victoire représente alors une reconquête partielle du territoire et de nos libertés.

III. QUE FAIRE ?

Les militants de la droite identitaire ne sont plus/pas nationaux ou nationalistes et s’ils travaillent en-dehors des partis de la droite nationale, c’est tout simplement qu’ils entendent promouvoir d’autres positions et d’autres méthodes. Celles-ci peuvent parfois apparaître complémentaires mais également antagonistes.

Il est en tout cas aujourd’hui important pour eux de pouvoir tracer leur voie propre, y compris (dans une certaine mesure, liée soit à l’implantation locale, soit à la portée symbolique) par la voie électorale.

L’objectif est donc bien de développer un espace identitaire dans l’arène politique française. Cet espace mêlant identité, solidarité, écologie, réflexion institutionnelle, défense de la démocratie participative et des libertés locales, fait d’initiatives politiques, associatives, culturelles, incarnerait la véritable alternative, cohérente et efficiente, au rouleau compresseur mondialiste, loin des utopies cosmopolites et laxistes des « altermondialistes » qui ne souhaitent que remplacer une mondialisation par une autre.

Que serait Le FN sans Dreux ? Aujourd’hui, la droite identitaire doit aussi disposer d’une ou de plusieurs vitrines qui pourront symboliser son savoir-faire et sa spécificité. Des fondations ont déjà été posées, notamment en Alsace et dans le pays Niçois. Nous devons travailler à l’obtention d’un « Dreux identitaire ».

Rassembler ceux qui se reconnaissent sincèrement dans notre démarche, tel doit être l’axe autour duquel doivent se retrouver ceux qui veulent participer au développement de cette droite identitaire.

16.05.2007

La carte famille nombreuse bientôt étendue aux étrangers

medium_medium_youyou.jpgIl fallait jusque là être de nationalité française, citoyen européen ou d’une ancienne colonie française (et parent de famille nombreuse) pour prétendre y avoir droit, mais la condition de nationalité exigée vient d’être rendue discriminatoire, suite à une dénonciation de la HALDE, qui avait donné «trois mois au premier ministre et au ministre délégué à la famille» pour répondre à sa demande d’extension de l’attribution de la carte.

Ainsi le gouvernement a décidé de supprimer cette clause et d’étendre l’obtention de la carte famille nombreuse ouvrant droit à réductions (notamment à la SNCF, à la RATP , auprès de transporteurs régionaux, des musées nationaux, de certains équipements sportifs collectifs et de certains réseaux de distribution : cinéma, chausseur André, etc.) aux étrangers.

Pour faire entrer en vigueur cette mesure il faudra cependant au préalable modifier la loi de 1924 qui impose ces restrictions. Cette disposition concerne aujourd’hui 2.800.000 familles et devrait voir d’ici peu quelques 210.000 nouveaux bénéficiaires individuels supplémentaires.

Source : novopress

 

medium_v_6_ill_696130_schweitzer.jpgLa HALDE et son Président Louis Schweitzer,  qui a une drôle de conception de la solidarité sur notre sol : c‘est avec une frénésie fanatique qu’elle poursuit notre association Solidarité Alsacienne (une enquête sur nos « agissements » ordonnée par le Procureur de la République de Strasbourg est en cours, à la demande de Louis Schweitzer.)

La discrimination est avérée pour ce monsieur lorsqu’une association caritative offre une soupe gauloise aux démunis.

Et bien nous, nous disons qu'offrir une carte de famille nombreuse aux étrangers participe à cette logique discriminatoire pour les nôtres qu’il va bien falloir combattre avec énergie si l’on veut résister encore un peu.

Chantal Spieler

Qui suis-je, Léon Daudet

(novopress)

medium_9XICA1Q20B3CA7FPP10CAYWFC71CALG41VZCAXK7LVMCA7CASF2CA0RQ1TWCA0K4WEECAE6N5F0CAY7PQ23CAR0UENGCAMYKFKJCAYJRXH1CA56S36DCA6QNU30CAI193BYCAQA21YHCAHW2M9DCAM374WS.jpgVoici un personnage extraordinairement fascinant, sorti tout droit du XVIe siècle, un compagnon de Rabelais. Comme Rabelais, il a pratiqué la médecine, comme Rabelais, il écrit avec une richesse de vocabulaire que n’effraient ni la scatologie ni la crudité des scènes et des mots. Jouisseur à l’état pur, au sens jubilatoire que ce mot peur revêtir. Léon Daudet est un amoureux de la vie. Il a été, tour à tour ou simultanément, médecin, romancier, critique, mémorialiste, biographe, pamphlétaire, activiste, exilé, duelliste, député, grand amoureux, procureur, orateur, journaliste, historien, gourmet, adepte des bordels et de l’église, républicain et monarchiste, père de famille, chef de parti, auteur de plus de cent livres. Et il dit quelque part que s’il avait réuni tous ses articles, cela aurait représenté plusieurs centaines de volumes. Du même coup, sa vie, qui couvre toute la IIIe République (fils d’Alphonse Daudet, il naît peu avant l’effondrement du Second Empire), est un roman à elle seule. Un roman à la Dumas, avec des rebondissements à chaque page, des coups d’épée, de la prison, des procès, des morts tragiques. Oui, il s’est trompé, gravement, parfois. Oui, il a été injuste, grossier, outrancier, approximatif, répétitif, colérique. Mais en neuf vies (et plus), tout de même ! Il est humainement impossible d’avoir écrit autant, d’avoir vécu autant, sans se tromper jamais, et c’est pourquoi on ne peut que pardonner ses faiblesses à ce diable d’homme. Léon Daudet, saint laïc, politiquement correct, propre sur lui . Pouah ! Nous le voulons, pour toujours, comme il était réellement. C’est comme cela et pas autrement qu’il est magnifique.

10.05.2007

Repentance et mémoire courte

medium_8421.jpg  « Je veux en finir avec la repentance » 

(Nicolas Sarkozy, le soir de son élection).

Le premier geste du Président élu, alors qu’il n’est pas encore en fonction et que rien ne l’y obligeait, a été de se précipiter hors du yacht clinquant de son ami Bolloré, pour assister à la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage, instituée par Jacques Chirac, une reconnaissance de « la part d’ombre de notre histoire ».

Ca commence bien...

Chantal Spieler

LA REPENTANCE, UNE RELIGION REPUBLICAINE......

medium_Synthese_logo.JPGNous vous proposons ici l'article de Chantal Spieler publié dans le n°3 (printemps 2007) de la revue Synthèse nationale : 

20 juin 2006 : Jacques Chirac inaugure à grands frais le musée du quai Branly (que j’ai pris la peine de visiter pour ne pas mourir idiote… Idiote je resterai.) Après Pompidou et le Centre Beaubourg, Mitterrand et la pyramide du Louvre ou la très grande bibliothèque, Jacques Chirac se rappellera à notre bon souvenir par sa collection de grigris et d’amulettes. Mais ce n’est pas le plus grave.

Son discours inaugural nous a surtout gratifié d’une impressionnante démonstration d’ethno-masochisme dont il a le secret. Morceaux choisis : il s’agit « pour la France, de rendre l’hommage qui leur est dû à des peuples auxquels, au fil des âges, l’histoire a trop souvent fait violence. Peuples brutalisés, exterminés par des conquérants avides et brutaux. Peuples humiliés et méprisés, auxquels on allait jusqu’à dénier qu’ils eussent une histoire ». On en reste comme deux ronds de flan !

Ruminons ensemble et baissons la tête pour mieux nous imprégner de ce concept de première nécessité destiné à karchériser notre mémoire collective : la repentance. Un exercice de style qui désigne la France comme un pays composé d’infâmes esclavagistes adeptes de la torture. Sans oublier de rappeler au Français de souche de s’excuser d’être blanc, sa « blanchitude » étant intrinsèquement liée à l’évident sentiment raciste qui habite son âme défigurée de xénophobie. Comme ça, c’est fait !

L’esclavage ou le culte de l’Europe coupable

Pascal Bruckner, dans son ouvrage La tyrannie de la repentance : essai sur le masochisme occidental (1), décrit tout cela avec pertinence : « De toutes les nations, la France est celle qui incarne à l’outrance les maladies de l’Europe. A la faute de la collaboration, la France ajoute celle de la colonisation et de l’esclavage ».

Avec l’instauration d’une journée de commémoration de l’esclavage, le 10 mai, décidée par Chirac et qu’il justifie comme étant  une reconnaissance de « la part d’ombre de notre histoire », allons-nous nous sentir tout revigorés par cette expiation rédemptrice ?

Et si l’idée nous prenait, après tout, de demander réparation auprès de l’Algérie, de la Tunisie et du Maroc ? Alger, Tunis, Meknès et le million d’esclaves blancs enlevés par les barbaresques en trois siècles… Un souvenir qui semble échapper au tri victimaire pratiqué par certains historiens  peu scrupuleux qui tripatouillent notre histoire sans crainte d’être dérangés.

Faut-il rappeler que le monde musulman a été le plus grand importateur d’esclaves razziés en Asie et en Europe ? Et que les traites musulmanes entre la fin du VIIème siècle et le XIXème siècle ont été très largement supérieures en nombre aux traites européennes ? Quant aux dizaines de milliers d’esclaves de la traite atlantique, c’était aussi l’affaire de négriers noirs. Et, comme il est parfois difficile de se débarrasser de ses vilaines manies, l’esclavage sévit toujours dans certains pays d’Afrique malgré son interdiction légale (Niger, Soudan, Mauritanie et quelques autres encore).

Si l’Europe chrétienne a pratiqué l’esclavage, c’est elle aussi qui l’a aboli au XIXème siècle à la faveur de la colonisation. Daniel Lefeuvre, dans son essai Pour en finir avec la repentance coloniale (2), dénonce ce procédé qui tend à renvoyer les difficultés de développement de nos anciennes colonies par l’exploitation qui en a été faite par nos soins.

Evénements d’Algérie : quand « repentir » rime avec « dommages et intérêts »

Pour bien comprendre le mécanisme implacable qui consiste à alimenter notre repentir, arrêtons-nous un instant sur un dossier instructif en la matière, l’affaire des tortures en Algérie.

Le 25 novembre 2000, les députés communistes réclament une commission d’enquête sur les « tortures et les crimes contre l’humanité » perpétrés par la France en Algérie. Lionel Jospin, alors Premier ministre, considère que « le conflit colonial ne relève pas d’un acte de repentance collective, ni de procédures judiciaires ». L’affaire est classée. C’est alors que surgit, tel un diable sorti de sa boîte, un Général Aussaresses au méa-culpa sonore qui s’accuse d’avoir participé à des exécutions sommaires. Une ou deux thèses d’historiens plus tard, même si celles-ci font l’objet de débats controversés, l’affaire est relancée. Le manifeste des généraux ayant servi en Algérie, qui admet certaines dérives qui restent marginales, et qui dénonce dans le même temps les crimes et massacres des populations civiles algériennes et européennes par le FLN, tombe à plat. La meute est lancée. Le drame humain lié à la fin de la guerre d’Algérie, qui conduisit des officiers français à abandonner ceux qui leur faisaient confiance, est balayé par les propos insultants du Président Bouteflika en villégiature médicale sur notre sol. Lorsqu’il compare l’action de la France en Algérie à l’occupation nazie en Europe, lorsqu’il déclare que « la colonisation a réalisé un génocide de notre identité », la bienséance imposée par les pleutres qui font l’opinion chez nous ordonne de taire notre légitime indignation. Ce que nous faisons.

L’Algérie et ses moines français assassinés et aussitôt oubliés. L’Algérie qui interdit l’apostolat chrétien sur son sol et qui prévoit désormais des amendes et peines de prison contre toute personne qui tenterait de convertir un musulman à une autre religion. L’Algérie qui prétend défendre la réconciliation entre nos deux pays trouve, dans notre absence coupable de réaction, un terreau malléable fort opportun en terme de flux migratoire. Et le film Indigènes, arrivé à point nommé sur nos écrans, sera l’estampille de notre calamiteuse allégeance.

Les lois mémorielles,  instrument mortifère.

L’abrogation de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 qui mentionnait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord », aura donné l’occasion aux lobbies communautaristes de promouvoir l’art du raccourci : la fracture coloniale, responsable du mal des banlieues !... Jean-Louis Debré, alors encore Président de l’Assemblée nationale, justifie ainsi l’abrogation de cet article : « Ce n’est pas à la loi de porter un jugement sur des faits historiques. Ce n’est pas au législateur de fixer le contenu des programmes scolaires ». Sa quête de justice historique s’arrête là. La logique de ce raisonnement aurait dû le conduire à envisager l’abrogation des lois Gayssot et Taubira (mais là on s’égare dans de la politique-fiction).

Robert Spieler, qui a été député (3) et qui sait de quoi il parle, désigne l’Assemblée nationale comme « une chambre de bavardages inutiles ». Démonstration : le parlement a été, au printemps dernier, le théâtre d’un manège affligeant de la part du gouvernement qui a essayé d’empêcher le vote d’une proposition de loi visant à sanctionner la négation du génocide arménien. Philippe Douste-Blazy nous a alors épaté par sa capacité à découper le dogme négationniste à la tronçonneuse quand il s’agissait de rester dans les petits papiers de ses amis turcs.

On vient de le voir, les lois mémorielles veillent au grain.

Pourtant, quelques historiens et juristes récalcitrants tentent de se rebeller.

Le 13 décembre 2005, c’est la création par René Rémond et quelques historiens de renom, dont Pierre Vidal-Naquet, Alain Decaux ou encore Elisabeth Badinter, de l’association « Liberté pour l’histoire ». « Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l’appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs », ils rappellent que « l’histoire n’est pas la morale, que l’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner, il explique… Dans un Etat libre, il n’appartient ni au parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique ». Et ils demandent l’abrogation des dispositions législatives qui sont une violation à ces principes démocratiques.

Le 21 novembre 2006, 56 juristes demandent l’abrogation des lois mémorielles qu’ils accusent de violer la Constitution dans ses articles 34 et 37. En soumettant le législateur à la pression des lobbies communautaristes, elles reflètent à leurs yeux un abus de pouvoir visant « soit à interdire la manifestation d’opinions, soit à écrire l’histoire ».

Cela suffira t-il à sortir nos dirigeants de cet autisme qui accable leurs consciences dénaturées ? Lorsque l’on refuse de commémorer le bicentenaire de la victoire d’Austerlitz, lorsque l’on célèbre chaque année les accords d’Evian du 19 mars 1962 en occultant soigneusement le massacre de la rue d’Isly survenu 8 jours plus tard, lorsque l’évocation du génocide vendéen par les colonnes infernales de Turreau fait tousser la République, lorsque l’on veut condamner la SNCF en l’accusant d’avoir servi d’agence de voyage au régime nazi (affaire Lipietz), le sentiment qui nous anime a un goût amer.

Il serait pourtant si simple d’admettre que notre histoire ne se découpe pas en strates classifiées, qu’elle s’appréhende dans sa globalité, avec ses grands hommes, ses conquêtes, ses drames et ses misères, qu’elle a façonné notre miracle civilisationnel et qu’elle nous guide par ses enseignements, vers un idéal de justice et de paix.

« Le désespoir en politique est une sottise », affirmait Charles Maurras.

Puisse l’avenir lui donner raison.

Chantal Spieler

(1) La tyrannie de la repentance : essai sur le masochisme occidental, Pascal Bruckner, Grasset et Fasquelle, 2006, 258 pages.

(2) Pour en finir avec la repentance coloniale, Daniel Lefeuvre, Flammarion, 2006, 229 pages.  

(3) Robert Spieler fut député (Front national) du Bas-Rhin de 1986 à 1988 et Conseiller régional d’Alsace de 1986 à 2004.

08.05.2007

Pourquoi sommes nous identitaires ?

(Article publié dans ID mag N°1)

medium_medium_prise_de_tete.3.gifParmi les postulats fondamentaux du monde moderne, il y en a un central : celui de " L'émancipation individuelle " ! Ce postulat libertaire est tellement au cœur des sociétés contemporaines occidentales, qu'il ne vient à l'esprit de personne d'en dénoncer le principe.

C'est un fait acquis, qui oserait s'opposer à ce que chacun puisse s'émanciper librement ? Or, comme l'avait parfaitement souligné G. Orwell, les mots sont ici capitaux. Car le terme d'émancipation, implique une idée d'arrachement, de rupture ou encore de délivrance à une contrainte. En couplant le terme d'émancipation avec celui d'individu, l'association sémantique ainsi formée introduit une opposition insidieuse entre l'individu et les siens. Les autres, qui constituent le groupe au sein duquel chacun évolue, sont présentés comme exerçant une entrave au libre et total accomplissement de soi. Citons ici comme exemple, cette vision libérale exprimée en quelques mots par Nicolas Tenzer : " Une société purement communautaire serait une contradiction dans les termes. [...] On recréerait, sous couleur de l'adhésion volontaire et du respect des spécificités culturelles de chacun ou de l'autodétermination, un système contraignant de normes, de droit ou par le biais du contrôle social, dont toutes ne constitueraient pas le minimum requis à la vie en société. Il ne peut y avoir d'émancipation si les références culturelles, morales et politiques préexistent à cet acte. "(1) Nous mettons ici le doigt sur le dogme central de la modernité. L'émancipation individuelle passe donc nécessairement par une opposition frontale avec sa communauté d'origine, son groupe d'appartenance ou sa propre famille. Toutes lois ou tout actes visant à affaiblir, ou même à démanteler, ces corps sociaux intermédiaires sont alors, pour un libéral-libertaire, jugés comme salutaires. Ils sont même, si on lit attentivement Tenzer, présentés comme un impératif à toute société libérale et progressiste. C'est ici que se rejoignent José Bové et Jean-Marie Messier. Jean-Claude Michéa, dans son ouvrage " Orwell, anarchiste tory ", a parfaitement identifié le potentiel subversif contenu dans ce concept d'émancipation individuelle. Il écrit : " Tout se passe dés lors comme si l'individu ne pouvait devenir lui-même et accéder à l'humanité authentique que par une rupture nécessairement douloureuse avec un milieu familial, social, ou géographique supposé par définition hostile et aliénant. Cela revient à dire que l'individu que les logiques glacées du Capital ont arraché à ses proches ou à sa région d'origine, pour le vouer aux différentes formes de l'Exode ou de l'Exil, devient par là même l'emblème de la condition humaine voire de la Rédemption. Dans cette manière de voir, la constitution d'un marché mondial unifié, où les individus s'épuiseraient à circuler sans repos sur le modèle des marchandises et des capitaux, finit par être interprétée comme l'énigme résolue de la liberté humaine et la fin réalisée de l'Histoire. Autrement dit, ce qui était au départ une position philosophique parfaitement légitime (l'homme peut se soustraire au déterminisme) risque, lorsqu'on la traduit dans les catégories de "l'arrachement", de s'accomplir en éloge naïf du capitalisme généralisé (façon United Colors Of Benetton), tel qu'on en trouve, par exemple, toute une série de descrïptions fascinées dans les nombreux ouvrages de J. Attali. " Tout est dit et par là tout s'explique !

La technostructure contre les communautés authentiques

En effet, L'Etat jacobin puis ensuite la technostructure ont toujours organisé la destruction des communautés constituées et quand, malgré tout, ces communautés persistaient à résister, elles en ont alors tout simplement niées l'existence. Clairement, l'objectif était de déjouer la constitution de corps politiques intermédiaires échappant au contrôle de la technostructure. C'est à dire la naissance autonome d'organisations sociales autres que des syndicats complices ou des ONG subventionnées. Il fallait empêcher l'apparition de tout intermédiaire entre d'un côté l'Etat et les transnationales et de l'autre des individus isolés et impuissants. Le principe attrayant d'émancipation individuelle aura donc essentiellement permis de couvrir les pires ethnocides culturels et religieux. On aura caché derrière le rideau pimpant de la libération de l'homme, de la femme et de son corps, un projet historiquement unique d'appauvrissement des relations humaines interpersonnelles. L'individualisme moderne n'est pas une incidence. Il aura été organisé et planifié. Vue sous cet angle, la récente crispation laïcarde des élites républicaines prend un autre sens. Il ne s'agit plus de préserver les libertés de chacun, mais bien d'empêcher la naissance de tout sentiment individuel d'identité susceptible d'aboutir à un regroupement communautaire. Le discrédit jeté, tout d'un coup, sur le terme de " communautarisme " prend ici toute sa signification. Il ne faut surtout pas que les individus, au lieu de s'opposer les uns aux autres dans une compétition concurrentielle perpétuelle, puissent se regrouper librement et s'entraider mutuellement dans le cadre d'une solidarité spontanée de groupe. Toutes formes de solidarité qui échappe au contrôle des organismes sociaux d'Etat et de l'assistance publique constituent donc une menace pour le principe d'émancipation individuelle et la stabilité du système marchand. En fait, elles ôtent surtout à l'Etat la légitimité de son ingérence technocratique. Marcel Gaucher a soulevé un paradoxe inhérent au principe d'émancipation individuelle contenu, selon lui, dans le projet politique des droits de l'homme. Il écrit : " le règne singulier de l'individu suppose l'empire général de l'Etat. [...] Ainsi la possession d'eux-mêmes rendue aux individus [ne se réalise-t-elle] que moyennant une dépossession insidieuse au profit de l'instance destinée à gérer ce pouvoir commun. Plus s'approfondit le droit des hommes sur la définition de leur société et plus l'emprise organisatrice de l'Etat bureaucratique, sous couvert de leur en permettre l'exercice, leur en dérobe, en fait, la faculté."(3) L'atomisation des initiatives politiques et sociales en autant d'individu-roi conduit immanquablement au renforcement des prérogatives coercitives de l'Etat.

Aucune opposition ne peut émerger hors d'une communauté vivante

Or, pour qu'une communauté existe, pour qu'elle puisse peser politiquement, pour qu'elle trouve la force d'entrer en résistance contre les forces établies de l'État ou des oligarchies financières, cette communauté doit se retrouver autour d'une identité commune. Cette identité, qu'elle soit linguistique, ethnique, religieuse, sociale ou tout cela à la fois, s'articule d'abord autour d'un héritage ou d'un passé auquel chacun de ses membres adhère et dans lequel tous s'identifient. Ainsi, une communauté qu'elle soit villageoise ou de quartier, ouvrière ou rurale, nationale ou régionale ne peut exister que si elle enracine sa cohésion dans une identité nécessairement partagée et qui ne doit pas être vécue passivement. Cette communauté n'existe que par l'acte d'adhésion en permanence renouvelé de ses membres. Aucune identité véritable n'existe si celle-ci n'est pas active, affirmée et partagée. L'histoire nous démontre qu'aucune force politique alternative et agissante n'a réellement pu exister sans la constitution d'un groupe d'hommes et de femmes soudés autour d'une identité commune, active et historique. La classe ouvrière, qui fut la dynamique centrale du PCF, n'était rien d'autre qu'une communauté soudée autour d'une forte identité : même condition sociale, mêmes références culturelles et populaires, mêmes origines, mêmes croyances et même destin partagé entre tous ses membres ! La classe ouvrière n'était pas autre chose que la dernière réelle communauté active engendrée par la modernité capitalistique elle-même. Plus qu'une classe, elle était une communauté ouvrière en soi !

La lutte pour l'identité, un combat d'avenir

Aujourd'hui, nous entrons dans l'ère de la post-modernité individualiste, d'où toute véritable communauté, même ouvrière, semble avoir disparue (hormis celles dérivées d'une immigration extra-européenne massive). Cette absence laisse les élites technocratiques sans contre pouvoir susceptible d'endiguer leurs velléités de contrôle des esprits et d'ingérence sociale. Le processus d'individualisation est désormais entré dans sa phase terminale. Sachons cependant, pour reprendre les mots de Chesterton, que " Rien n'échoue comme le succès ". Voilà pourquoi la lutte pour l'identité sera au cœur du combat politique de demain. C'est seulement par lui que pourra s'amorcer un réveil populaire contre les tentations totalitaires des régimes européens technocratiques. Voilà pourquoi le combat identitaire n'est pas une lubie de bobos en quête de hobbies spirituels mais bien l'axe central, le pivot et le point de départ d'une lutte bien plus vaste pour les libertés sociales, interpersonnelles et collectives. Au nom de la justice sociale et des libertés humaines élémentaires, il devient désormais impératif de rompre avec le concept subversif d'émancipation individuelle et à travers lui de s'opposer au projet plus vaste de la politique des droits de l'homme. Mais cet impératif de rupture n'est pas seulement d'ordre politique, il est également d'ordre moral et existentiel. Car si l'émancipation individuelle, comme nous l'avons vu, consolide la domination de la technostructure, elle ne le fait qu'au prix d'une misère affective, morale et spirituelle inégalée dans l'histoire de l'humanité. Tout le paradoxe contenu dans les maux de la modernité se trouve ici résumé : Jamais les hommes n'auront été à la fois aussi bien portants et aussi malheureux. L'indéniable misère morale du monde moderne, désormais ressentie par tout le monde, ouvre une période de crise historique. Nous vivons un tournant intellectuel et spirituel. Ici encore, la modernité en crise interpelle le concept même d'Identité.

La misère morale du monde moderne

Constatant qu'en Occident le taux de suicide ne cesse de croître depuis deux siècles, Paul Masquelier affirme que " La racine fondamentale du phénomène du suicide et de la vague de déshérence qui lui est corollaire doit donc très certainement être imputée en premier lieu à l'effritement des rapports communautaires. "(3) Face à l'angoissante solitude de l'individualiste noyé dans l'immensité sociale, l'homme moderne navigue à vue, incapable de trouver dans son isolement le moindre repère pour avancer. Au-delà d'une boulimie acheteuse ou de la thérapie du shopping, l'explosion de la consommation des anxiolytiques révèle une crise existentielle profonde que tous les médicaments du monde s'avèrent bien incapables de résoudre. Cette émancipation, par arrachement, a en définitive isolé l'individu et l'a ensuite dépossédé de son identité pour le précipiter dans une fuite consumériste de nature pathologique. Or, comme l'affirme Alain de Benoist " Il n'y a pas d'identité seulement à partir de soi ". Identité individuelle et Identité collective sont indissociablement mêlées. On construit son identité par rapport à sa relation avec les autres. Michael Walzer écrit : " Dans bien des domaines, la vie associative n'est pas le fait d'un héros libéral, d'un individu qui serait en mesure de choisir ses propres allégeances. Au contraire, un grand nombre d'entre nous se situent d'ores et déjà dans des groupes qui pourraient bien s'avérer déterminants. "(4) Nous reconnaissons que ces associations involontaires ne sont certes pas une détermination absolue. Cependant, le crime essentiel des idéologies progressistes, réside justement dans cette volonté de nier ces associations involontaires. Le dictat de la " non filiation " identitaire ouvre ainsi la voie à tout les excès. Sus à la famille ! Dressons les femmes contre leurs maris, puis contre leurs enfants ! Traquons toutes expressions religieuses trop ostentatoires, toutes affirmations identitaires trop visibles ! A bas les communautés ! Discréditons toutes revendications régionalistes, identitaires ou religieuses ! Mort aux coutumes et à tous les codes moraux hérités du passé ! L'enfant contre ses parents, la femme contre son mari, les hommes les uns contre les autres ! Les causes de conflits et de division se sont désormais immiscées à tous les niveaux de l'existence, jusque dans la sphère privée et familiale. La lutte contre les autres est maintenant totale et sans répit.

Réalisation personnelle contre émancipation individuelle

L'idéologie dominante prétend que l'identité relève exclusivement du choix personnel. Nous contestons ce dogme. C'est en ça que le combat identitaire revêt un caractère " métapolitique ". Il renvoie à une autre conception de la nature humaine. Face au postulat de l'émancipation par arrachement aux siens, nous affirmons au contraire que pour prendre son envol, une bonne vie a surtout besoin d'amour, de solidarité charnelle, de croyance intemporelle ainsi que d'une identité réelle, filiale et historique. Nous opposons au postulat de l'émancipation individuelle le principe de la réalisation personnelle. Pour se réaliser personnellement, tout homme doit pouvoir s'intégrer au sein d'un groupe, s'y identifier et y trouver sa place. Qu'importe que ce groupe se constitue autour d'une origine ethnique, d'une communauté religieuse ou d'une identité régionale. Nous affirmons qu'il n'y pas d'un côté des individus et de l'autre l'Etat. Toute bonne sociabilité et véritable citoyenneté ne peut se réaliser que dans le strict respect d'une superposition successive d'identités complémentaires de type familiale, religieuse, régionale, nationale et civilisationnelle, vécues pleinement et librement, et qui cohabitent selon une naturelle hiérarchie affective.

L'impérative réactivation du sentiment identitaire

Notons cependant qu'à force d'acharnement liberticide le postulat d'une identité construite " à partir de soi " tend de plus en plus à devenir une réalité. La modernité triomphante, " par dissolution progressive des rapports organiques et l'effacement des repères, implique désormais que l'individu soit tenu d'intervenir lui-même dans ses choix identitaires. C'est-à-dire qu'en dernier lieux, mon identité requiert un acquiescement de ma part. "(5) Ce dernier point doit nous interpeller, nous autres identitaires. Il signifie qu'aujourd'hui toute appartenance, même héritée, ne devient une identité effective que par un acte d'adhésion individuel. Il n'y a plus d'identité passive ! Pour être agissante, une identité doit désormais être active, affirmée et revendiquée. Notre action militante doit donc passer par une réflexion sur les moyens de réactiver, chez nos concitoyens, cet acquiescement identitaire au niveau individuel. Les routes pour y parvenir seront multiples et c'est peut-être là justement que réside toute notre force !!!

Karl Hauffen

(1) Nicolas Tenzer " Les valeurs des modernes " - Edition Flammarion
(2) Marcel Gaucher " La démocratie contre elle-même " - Gallimard
(3) Paul Masquelier " Scènes de déprime dans le monde actuel " - Elément N°114
(4) Michael Walzer " Raison et passion. Pour une critique du libéralisme " - Circé
(5) Alain de Benoist " L'identité ne doit pas être un ghetto "- Elément N°113

04.05.2007

La France d'après...

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"Je pense que les Français attendent une France d'après... C'est une France où l'expression 'Français de souche' aura disparu".

Nicolas SARKOZY

Témoignages, p. 280, juillet 2006

 

"Je suis fière de n'avoir pas une goutte de sang français dans les veines".

Cécilia SARKOZY

Libération, 8 juillet 2004

source : Synthèse nationale

Entre la gourde et le gourdin !

NI L'UN, NI L'AUTRE !

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"Je n’ai jamais considéré que, dans un système truqué, le vote était un devoir civique. Je ferai partie des millions d’abstentionnistes qui exprimeront par là leur refus de collaborer à l’affaiblissement de notre peuple".

Robert Spieler (Strasbourg, 25 avril 2007)

Tribune libre :

SI ON AURAIT SU !

medium_Philippe_randa.9.jpgLa satisfaction des sévères garde-chiourmes du politiquement correct déborde dans tous les médias français, voire internationaux. Quarante-huit heure après le débat Ségo-Sarko, la grande majorité du monde médiatique salue la prestation des deux finalistes, la hauteur de leurs échanges et le « retour » de la démocratie dans l’élection présidentielle, celle-ci ayant été absente en 2002, comme on nous l’a seriné cinq ans durant, pour cause d’irruption diabolique. Vade retro Lepenas ! Quel débat, en effet !

L’une ou l’autre prendra dimanche soir la tête de l’État français et de quoi nous ont-ils entretenu ? De faits divers… ou de problèmes, pour graves qu’ils soient, ne concernant à chaque fois qu’une petite frange de la population française. Quelques mots à peine en fin d’émission sur les enjeux internationaux, pourtant domaine de prédilection – et réservé ! – de l’Élysée…

Ce fut d’abord le viol d’une policière, quinze jours après celui d’une de ses collègues. C’est abominable, mais les femmes dans la police sont-elles davantage susceptibles d’être victimes d’un tel crime que les autres Françaises ? Évidemment non, pourtant madame Royal entend faire raccompagner chacune d’elle à son domicile après son service. Une proposition ubuesque qui souleva à peine l’étonnement de Nicolas Sarkozy, bredouillant quelques mots sur le coût d’une telle mesure.

Ce fut ensuite une bataille de chiffres assénés par l’une ou l’autre, aussitôt contredits par l’autre ou l’une en attendant qu’ils soient tous rectifiés le lendemain par des « spécialistes », distribuant à Ségo ou à Sarko de bons ou de mauvais points…

Les deux prétendants à la Fonction suprême débattirent de la loi des 35 heures que Sarkozy juge, à l’entendre, catastrophique, mais qu’il ne supprimera pas… et que Ségolène Royal considère pour sa part comme une grande avancée sociale, mais concédant néanmoins qu’elle a fait de grands dégâts.

Ségolène Royal tenait à prouver qu’elle n’était pas Miss Nunuche, qu’elle connaissait ses dossiers ou tout au moins était capable d’en parler… Pour cela, le plus simple était de contredire tous les chiffres qu’avançait son concurrent et d’en asséner d’autres qu’il contredisait à son tour. Ce fut le thème du nucléaire dont il ressort que Nicolas Sarkozy veut poursuivre l’utilisation, mais pas tant que ça finalement… et que Ségolène Royal veut l’arrêter, mais pas si vite que ça tout de même !

Nicolas Sarkozy, lui, tenait à prouver qu’il n’était pas l’agité politique qu’on dit. Pour ce faire, il a surenchéri dans les aimables formules de courtoisie vis-à-vis de sa rivale dont tout un chacun pouvait bien voir qu’il n’en pensait pas un mot. Il a même tenté de jouer la corde sensible en abordant le thème de la scolarité des enfants handicapés. Ségolène lui vola aussitôt dans les plumes avec une colère tellement préparée d’avance, tellement convenue, que son jeu d’actrice n’aurait certes pas départi dans quelque chef-d’œuvre de Jean Rollin(1).

Quarante-huit heures après ce débat, en écrivant ces lignes, je cherche quels autres thèmes ont été abordés et j’ai du mal à me les remémorer… Je cherche sur internet à me rafraîchir la mémoire… et ne trouve que les commentaires des partisans de l’une ou de l’autre, les mêmes d’ailleurs, tous bouffis d’autosatisfaction pour leur pouliche ou poulain.

Finalement, deux jours après cette passe d’armes nullissime, on ne semble retenir que la morgue bravache de Ségolène Royal et l’attitude mielleuse de Nicolas Sarkozy. Beau résultat ! Qui satisfait le monde médiatique, soulagé que la destinée du pays soit confiée à de tels homoncules politiques… dimanche soir pour l’une ou l’autre… et sans doute pour l’autre ou l’une dans cinq ans.

Je dois avouer tout de même que Ségo-Sarko ont au moins réussi un exploit : leur prestation nous fait désormais amèrement regretter Giscard, Mitterrand et même Chirac !

Et dire qu’on était si pressé de voir ces trois-là déguerpir de la scène politique… Si on aurait su !

Philippe Randa

Ecrivain et éditeur

Note
(1) Je ne fais bien sûr pas allusion aux films « X » tournés par ce réalisateur, mais à ses autres films quelque peu surprenants quant à la maîtrise de la réalisation, le jeu subtil des acteurs, la profondeur des dialogues, la qualité des décors, l’audace des scénarios : toutes sortes de choses qui firent le bonheur de certains amateurs dans les années 70 et 80 du siècle dernier.
 

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