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09.08.2006

ENTRETIEN AVEC ALAIN SORAL

medium_photo_soral.jpgCher Alain Soral,

 

 

J’ai lu vos livres. Des lectures nécessaires en cette fin de civilisation où tout ce qui compte n’est que foot, télé débilitante, chanteurs au Q.I à deux chiffres qui nous expliquent les choses.

Bref, toutes ces crétineries qui participent activement à décérébrer s’il le fallait encore, nos pauvres esprits étriqués.

Votre franc parler, cette aptitude chronique qui est la vôtre à faire fi de ce consensuel dégoulinant, bible incontestée de ceux qui prétendent régir les destinées de notre peuple, est un pur régal.

Votre volonté affichée, alimentée par un sacré culot, à faire sauter le couvercle de cette chape de plomb idéologique qui nous renverrait presque à la condition des chrétiens des catacombes, force l’admiration.

Vous êtes un homme libre, vous nous en donnez aujourd’hui la preuve. Votre chemin est semé d’embûches car vous n’avez pas choisi la voie du confort.

Vous êtes aujourd’hui l’héritier de ces poètes maudits ou de ces pamphlétaires du début du siècle qui, chacun dans leur genre, avaient franchi le Rubicond grâce à leur talent et à leur mépris absolu de tout ce qui était convenu.

Comme vous le savez, nous  organisons à Strasbourg pour ce qui nous concerne, ainsi qu’à Paris, Nice, Bruxelles, Charleroi, et Anvers, des distributions de soupes au lard dans la rue pour nos amis SDF.

Succès garanti auprès des sans-abri, réaction plus mitigée de la part des autorités (il paraît qu’il s’agit là d’une infâme provocation à caractère discriminatoire. Bon !)

« Solidarité Alsacienne » a donc fait couler de l’encre (ça occupe les folliculaires). Pour faire court, à Strasbourg, nous nous sommes mis à dos les associations anti-racistes (LICRA, MRAP, LDH) et quelques autres agités représentant la LCR, suivis évidemment par les veaux du système : Keller-Grossmann, Catherine Trautmann, ainsi que ce pauvre Préfet du Bas-Rhin qui pense faire dignement son devoir en nous envoyant chaque semaine un fourgon de policiers accompagné d’un Commissaire muni d’un arrêté d’interdiction préfectoral.

Ce qui est, vous vous en doutez, du meilleur effet auprès de nos amis SDF qui se demandent pourquoi je me fais embarquer chaque semaine au commissariat et voient ainsi s’écourter nos retrouvailles festives.

Mais comme nous l’avons nous aussi dans le collimateur, le Préfet, nous avons décidé, avec mes camarades, de lui infliger cette punition hebdomadaire qui consiste tout simplement à lui pourrir la vie, en jouant à cache-cache avec les forces de l’ordre qui doivent nous chercher activement, ne sachant jamais où, quand et à quelle heure nous allons débarquer avec notre gueuleton

A part lui, nous en avons un autre à l’œil. Il s’agit de Louis Schweitzer (Président de la Halde) qui, se sentant épris de justice, a saisi le Procureur de la République de Strasbourg pour entamer des poursuites judiciaires contre nous.

Toutes ces méthodes d’intimidation ne nous feront bien sûr pas abandonner. Militants et sdf sont chaque semaine plus nombreux autour du stand de Solidarité Alsacienne.

Nous vous remercions d’avoir bien voulu répondre à ces quelques questions.

Chantal Spieler

 

La soupe au lard, pour ou contre ?

A. Soral : je ne vois pas de raison d’être contre, même si cette action bénévole un rien taquine ne rejoint pas mes préoccupations premières. D’ailleurs, à ma connaissance, aucune association musulmane à ce jour ne s’est plainte de cette soupe gauloise, et il existe en France des soupes populaires casher, réservées aux seuls juifs, qui n’ont jamais attiré les foudres des pouvoirs publics ni des associations anti-racistes qui pourraient pourtant y voir de la discrimination… Ce qui est étrange dans cette affaire, c’est de voir notre République française et laïque s’acharner à interdire la distribution d’une soupe gratuite destinée aux SDF, au prétexte qu’elle contient du porc et que les musulmans n’en mangent pas. Ce qui revient à faire imposer par l’appareil d’Etat, à l’ensemble de la population Française, des interdits religieux, et qui plus est d’une religion minoritaire ! Comme sur d’autres sujets où s’exprime pleinement le deux poids deux mesures communautaire, on est en plein délire !

Pourquoi tant de haine, d’après vous, à l’encontre de ces initiatives ?

A. Soral : Il faudrait, pour le comprendre, refaire l’historique de l’émergence en France des mouvements dits anti-racistes. On y découvrirait, outre leur origine très communautaire et leur incroyable pouvoir sur le politique, qu’en fait d’anti-racistes, ils sont surtout anti-français !

Nous combattons pour nos identités qui sont diverses. Certains se reconnaissent dans la nation française, d’autres dans les petites patries régionales, certains dans l’espérance impériale européenne. Nous croyons qu’il n’y a pas de contradiction entre ces sentiments d’appartenance, même si ceux-ci sont hiérarchisés. Pouvez-vous nous dire votre sentiment à cet égard et nous donner votre propre vision sur ce thème ?

A. Soral : Contrairement à l’idée d’extrême droite qui veut que le centralisme soit une malédiction des jacobins, je pense que l’affaiblissement de nos régions, par et pour un pouvoir centralisateur, fut d’abord le travail de Louis XIV et qu’il fut en partie bénéfique… J’ajouterai en outre qu’il faut savoir se méfier d’un certain régionalisme favorisé par Bruxelles qui ne poursuit pas le but de renforcer le pouvoir des régions, mais celui de détruire ce qu’il reste de souveraineté et d’indépendance nationale au seul profit du Capital nomade… Je résumerai donc ma position par un slogan politique, un slogan qui est mien et que je vous propose d’adopter : « des régions fortes pour une France forte ».

Avec votre livre « Chute, éloge de la disgrâce », malgré sa forme romanesque, vous n’y allez pas avec le dos de la cuiller. Peut-être allez-vous en énerver encore quelques-uns ?

A. Soral : Par ce livre, je ne fais jamais que répondre, avec tendresse et ironie, à certains emmerdeurs pathologiques et autres dominateurs congénitaux qui m’ont un peu brutalement intimé l’ordre de me taire, sous prétexte qu’ils n’avaient aucun argument raisonnable à m’opposer ! Si tout le monde réagissait comme moi plutôt que de se coucher, peut-être ces gens là redécouvriraient-ils le chemin salutaire du dialogue !

Un autre livre en préparation ?

A. Soral :Un petit livre sur la boxe, sur mon rapport personnel à ce sport auquel j’ai sacrifié 30 ans de ma vie et que je continue de pratiquer… Mais surtout, après avoir écrit dans mes cinq derniers livres (Vers la féminisation ? Jusqu’ou va-t-on descendre ? Socrate à St Tropez, Misères du désir et Chute !) à peu près tout ce que je pensais sur la France, le monde et la politique, un grand désir de passer à l’action…

Merci. « Chute ! Eloge de la disgrâce » aux éditions Blanche